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Ousmane Sonko solde accuse Bassirou Diomaye Faye d'avoir « dévié du Projet »

POLITIQUE
Lundi 13 Juillet 2026

La tournée politique d'Ousmane Sonko dans la région de Diourbel et le Baol a basculé du simple exercice d'implantation militante vers une offensive frontale et inédite contre le chef de l'État. Si le week-end a débuté à Mbacké par le lancement de la campagne de vente des cartes d'adhésion du PASTEF, l'allocution prononcée ce dimanche à Sadio a pris les allures d'un règlement de comptes politique majeur avec le Président Bassirou Diomaye Faye.

 
Quelques semaines seulement après la fin de ses fonctions à la Primature en mai 2026 et suite à la censure de la révision constitutionnelle par le Conseil constitutionnel le 9 juillet dernier, le président de l'Assemblée nationale a ouvertement acté le divorce idéologique au sommet de la mouvance.

 

La réaffirmation d'une paternité politique et historique

 
À la tribune de Sadio, Ousmane Sonko s'est attaché à recadrer fermement les rapports de force institutionnels en rappelant la genèse de l'actuel attelage exécutif. Il a insisté lourdement sur son rôle central dans la désignation de Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution lors de la présidentielle de 2024, consécutive à l'invalidation de sa propre candidature.

 
En revendiquant la paternité exclusive de cette victoire qualifiée d'historique, le leader du PASTEF a tenu à rappeler à qui revenait le mérite de l'accession au pouvoir. Cette insistance traduit une volonté manifeste de faire valoir une légitimité d'origine qu'il estime aujourd'hui insuffisamment reconnue par le Palais de la République. Pour enfoncer le clou, il a rappelé que 80 % du combat politique mené pour renverser l'ancien régime avait été accompli sous sa propre impulsion.

 
L'accusation de déviation : « Un espoir qui s'est envolé »

 
Le cœur de la charge contre l'exécutif repose sur le reniement présumé des engagements initiaux du camp patriotique. Ousmane Sonko a dressé un bilan particulièrement sévère de la gouvernance actuelle en évoquant publiquement un « espoir qui se serait envolé », affirmant que les populations de Sadio en avaient pleinement conscience.
« Il y a un éloignement du président Faye par rapport au projet initialement porté devant les Sénégalais. »
 
Cette formulation matérialise une mise à distance radicale rarement affichée aussi frontalement en public. En dissociant explicitement la trajectoire du chef de l'État des idéaux du parti, Ousmane Sonko se positionne non plus comme un simple soutien du pouvoir en place, mais comme le seul et unique garant de la ligne doctrinale originelle face à un pouvoir exécutif accusé de dérive.

 
De Mbacké à Touba : La structuration d'un contre-pouvoir hégémonique

 
Pour donner du poids à ses attaques face à la dynamique de recomposition engagée par la Présidence, Ousmane Sonko s'appuie sur une démonstration de force populaire et sur les leviers parlementaires dont il dispose.

 
Avant l'étape de Sadio, le leader s'est félicité de la vente flash des 13 000 cartes d'adhésion initiales, épuisées bien avant 16 heures. Après avoir imposé l'unité à ses cadres locaux rétifs (le docteur Fall Mbaye, le député Ahmadou Lô et Moustapha Diop), il a fixé l'objectif ambitieux d'atteindre un million de membres dans le seul département d'ici octobre.

 
Outre les critiques contre les saisines répétées du Conseil constitutionnel par la présidence, Sonko a brandi à Touba la menace d'une motion de censure contre le gouvernement d'Ahmadou Al Aminou Lô. Il a rappelé que la majorité parlementaire n'accorderait aucun « chèque en blanc » à l'exécutif.

 
Cap sur 2026 et 2029 : L'objectif d'une reprise en main totale

 
Pour le leader du PASTEF, la suite du calendrier politique ne s'envisage plus sous le prisme de la collaboration, mais sous celui de la reconquête. Ousmane Sonko a désigné les échéances de 2026 ainsi que la présidentielle de 2029 comme les étapes indispensables devant permettre d'achever ce qu'il considère comme son propre projet.
 
En invitant ses militants à ignorer les opposants marginaux et à rester sereins face aux provocations, il a affirmé sa certitude que le PASTEF remporterait tous les prochains scrutins.
 
Ce discours offensif intervient alors que la Présidence tente elle aussi de s'organiser en initiant la création de son propre parti politique unifié après avoir mobilisé plus de 300 maires de la coalition. Le duel fratricide entre le Palais et l'Hémicycle est désormais totalement déclaré, ouvrant une période de fortes secousses politiques au Sénégal.
 
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