À l’issue de ses échanges, le ministre a tenu à réaffirmer la place de l’Ucad dans le paysage académique régional. Malgré les critiques et les difficultés souvent évoquées, « l’Ucad demeure l’une des meilleures universités d’Afrique francophone », a-t-il déclaré, appelant à protéger ce capital d’excellence tout en traitant les contraintes structurelles. Sa tournée a débuté au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), où il a constaté l’avancement de projets de construction destinés à renforcer les capacités d’accueil. Le ministre s’est notamment rendu sur les chantiers de la cité Aline Sitoë Diatta, anciennement Claudel, où l’État, avec un partenaire, réalise cinq bâtiments d’hébergement totalisant 3 500 lits.
Cette visite, explique-t-il, répond à une urgence devenue centrale dans la gestion du campus : la demande de logement augmente au rythme de la massification, alors que l’Ucad compte aujourd’hui plus de 95 000 étudiants. Dans son propos, l’enjeu ne se limite pas au confort de vie : l’hébergement, la restauration et les services sociaux conditionnent la stabilité du milieu universitaire et influencent directement les conditions d’étude, la réussite académique et le climat social sur le campus.
Après le Coud, Daouda Ngom s’est rendu au Rectorat pour une série de rencontres qui ont rassemblé, selon ses termes, les différentes composantes de la communauté universitaire. Le ministre évoque des échanges « très importants » avec les autorités rectorales, les chefs d’établissement, les syndicats, les représentants du personnel et des étudiants, ainsi que des acteurs liés aux services universitaires, dont les repreneurs de restaurants.
L’objectif affiché était double : écouter les doléances et rassurer sur la disponibilité de l’État à accompagner l’université afin de préserver un environnement apaisé. En filigrane, il s’agit de prévenir les tensions récurrentes dans l’enseignement supérieur en traitant en amont les points de friction, qu’ils touchent aux œuvres sociales, à la gouvernance ou aux conditions de travail.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’avancer sur le désengorgement de l’Ucad, confrontée depuis plusieurs années à une hausse continue des effectifs. Il a demandé au recteur d’intensifier les efforts visant à réduire la saturation des amphithéâtres et des services, en misant sur la digitalisation, mais surtout sur une politique d’orientation plus équilibrée des nouveaux bacheliers.
L’idée est de mieux répartir les flux vers les autres universités publiques du pays, afin d’alléger la pression sur Dakar, tout en renforçant l’attractivité des pôles universitaires en région. Pour le ministère, ce chantier relève d’une réforme de fond : préserver l’excellence de l’Ucad sans la laisser s’asphyxier sous le poids de sa propre centralité.
La visite s’est prolongée à l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Anaq-Sup), installée à la cité Keur Gorgui, à Sacré-Cœur. Daouda Ngom a souligné le rôle stratégique de cette structure, considérée comme un levier essentiel pour garantir un enseignement supérieur plus performant et plus crédible, à l’heure où le Sénégal affiche l’ambition d’un accès équitable à une formation de qualité, dans un environnement propice à l’apprentissage.
À ses yeux, l’assurance qualité n’est pas un simple label administratif : elle doit devenir un instrument de transformation, capable d’harmoniser les standards, d’accompagner la montée en compétence des établissements et de renforcer la confiance dans les diplômes.
Répondant aux sollicitations des responsables de l’Anaq-Sup, le ministre a promis d’accélérer les travaux du futur site devant abriter l’institution à la cité du savoir de Diamniadio. Il a également annoncé un accompagnement renforcé, avec une hausse des effectifs, afin de permettre à l’autorité de remplir pleinement ses missions. Ce volet s’inscrit dans une logique plus large : l’État veut à la fois absorber la demande croissante d’enseignement supérieur et améliorer la qualité, en évitant que la massification ne se fasse au détriment des standards pédagogiques et scientifiques.
À travers cette visite, Daouda Ngom envoie un message politique clair : l’Ucad doit rester une vitrine académique, mais son rayonnement ne pourra être maintenu sans investissements soutenus dans les œuvres universitaires, une gouvernance concertée et une stratégie nationale de rééquilibrage des effectifs. Entre chantiers d’hébergement, désengorgement et assurance qualité, le ministère affirme vouloir concilier deux exigences souvent difficiles : préserver l’excellence historique de Dakar tout en construisant un système d’enseignement supérieur plus équilibré et plus résilient à l’échelle du pays.
