Le Burundi au front, le Sénégal en attente
Depuis que le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a officiellement enregistré le dossier de Macky Sall au siège des Nations Unies ce lundi 2 mars 2026, la donne a changé. L’ancien chef de l’État sénégalais est désormais, à ce jour, le seul candidat africain en lice pour succéder à António Guterres en 2027.
Cette situation crée un paradoxe : un citoyen sénégalais est porté par une nation tierce (au nom de l'UA), tandis que son propre pays observe une réserve prudente.
L’appel d’Alioune Tine : « Dépasser l'émotion pour la stratégie »
Pour Alioune Tine, le président Bassirou Diomaye Faye ne peut plus rester « indéfiniment indifférent ». Dans une récente déclaration, le défenseur des droits de l'homme invite les nouvelles autorités à examiner le caractère sérieux et stratégique de cette candidature sous trois angles majeurs :
La place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale : Avec une réforme du Conseil de sécurité toujours en débat, avoir un Africain à la tête de l'ONU est un levier de puissance pour le continent.
Le leadership diplomatique du Sénégal : Pour Tine, voir le Sénégal se désolidariser d'un de ses fils alors qu'il est le candidat unique de l'Afrique pourrait affaiblir l'influence diplomatique de Dakar.
L'unité nationale vs l'intérêt global : Alioune Tine exhorte à dissocier le bilan intérieur de Macky Sall — objet de vives critiques au Sénégal — de l'opportunité géopolitique que représente ce poste prestigieux.
Le gouvernement actuel, porté par le Pastef, fait face à une pression interne forte, notamment de la part des collectifs de victimes qui s'opposent farouchement à cette promotion internationale. Cependant, l’analyse d’Alioune Tine suggère que la « diplomatie de rupture » prônée par Diomaye Faye doit aussi savoir être une « diplomatie d'État » capable de porter les ambitions africaines.
« Le Sénégal est interpellé. Dès lors que Macky Sall est le seul candidat du continent, le caractère stratégique de la question doit l'emporter », semble indiquer le message du patron d'Afrikajom Center.
La compétition s'annonce rude, avec des candidatures pressenties venant d'Amérique latine et une forte pression pour l'élection d'une femme. Dans ce contexte, le soutien explicite du pays d'origine reste un signal déterminant pour les membres permanents du Conseil de sécurité.

