Un domaine réservé sous pression
Pour le Dr Yoro Dia, la communication internationale de l’État sénégalais dérive vers une « cacophonie » préjudiciable à l’image du pays. L'intellectuel rappelle une règle d’or de la pratique diplomatique : la politique étrangère relève du « domaine réservé » du Président de la République. Selon cette logique, le Président doit être le seul maître de la parole diplomatique pour éviter toute ambiguïté sur la position officielle de Dakar.
Le risque d'une « rivalité homérique »
Au cœur de cette inquiétude, la gestion des crises internationales. D'un côté, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé une « solidarité ferme et sincère » envers le peuple iranien. De l'autre, le Président Bassirou Diomaye Faye a manifesté son soutien à l'Arabie saoudite.
Pour Yoro Dia, cette dualité est risquée :
Elle transpose inutilement sur la scène sénégalaise les clivages géopolitiques complexes entre Perses et Arabes. Elle donne une image de désunion au sommet de l'État sénégalais. Elle affaiblit la crédibilité du Sénégal face à ses partenaires internationaux.
Vers une discipline nécessaire ?
La mise en garde du Dr Yoro Dia est sans appel : « Ne transposons pas à l'International une cohabitation qui dégénère ». Alors que le pays cherche à affirmer son nouveau leadership, cette sortie met en lumière un besoin urgent de coordination au sein de l'exécutif pour garantir la cohérence du message diplomatique national.
Le gouvernement devra-t-il clarifier sa ligne de conduite pour apaiser ces tensions internes et externes ? La question reste posée.
