Menu


Francophonie: Dakar brise les ambitions du poète Amadou Lamine Sall

DIPLOMATIE
Mercredi 15 Avril 2026

Le prochain sommet de la Francophonie, prévu en novembre 2026, devra désormais départager les candidats officiellement soutenus par leurs gouvernements respectifs, un scrutin auquel le Sénégal assistera en simple spectateur.


Alors que la clôture des candidatures pour le poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est intervenue le 3 avril 2026, le Sénégal a brillé par son immobilisme. Faute de parrainage officiel de son propre État, le poète Amadou Lamine Sall voit ses ambitions de succéder à Louise Mushikiwabo s’envoler, dénonçant une « incivilité républicaine » inédite.

C’est avec une plume trempée dans l’amertume, mais portée par une dignité souveraine, que le poète Amadou Lamine Sall a acté la fin de son aventure diplomatique. Dans une tribune poignante intitulée « Clôture des candidatures ! Le Sénégal indifférent », le lauréat des Grands Prix de l’Académie française sort de neuf mois d’un silence qu’il qualifie de « cathédrale désertée ».

Le mur du silence

Depuis le 6 août 2025, le disciple de Léopold Sédar Senghor attendait un signe, un geste, ou même un refus formel du sommet de l’État. En vain. Malgré une campagne active menée auprès des décideurs internationaux et le soutien de nombreuses personnalités comme Alioune Tine ou Jean-Louis Roy (ancien patron de la Francophonie), la porte de la présidence est restée close.

« Aucun retour de correspondance, aucun message, aucune prise de position, ni oui ni non », déplore-t-il. Pour l’écrivain, cette absence de réponse dépasse le simple cadre politique pour devenir une véritable « incivilité républicaine ». Il pointe notamment du doigt le Directeur de cabinet du Président, Mary Teuw Niane, qu’il accuse d’avoir « fermé portes, fenêtres, volets et caves » à son projet.

La Realpolitik contre le rayonnement culturel

Le rejet de cette candidature soulève des questions sur la stratégie diplomatique de Dakar. Alors que le Sénégal est l'un des pays géniteurs de la Francophonie, il a choisi de ne pas porter l'un de ses plus illustres fils, préférant s'aligner sur la candidature de la République démocratique du Congo (RDC).

Pour Amadou Lamine Sall, ce n’était pas sa personne qui importait, mais le rayonnement du pays : « Ce n’est pas Amadou Lamine Sall qui allait être promu — le Sénégal est plus grand que lui — mais le Sénégal lui-même. » En choisissant de ne pas parrainer le poète, l'État sénégalais laisse le champ libre à d'autres nations — le Rwanda, la RDC, la Mauritanie ou le Gabon — pour diriger cet espace de 320 millions de locuteurs.

« On ne gifle pas une statue »

Malgré la rudesse de ce qu’il ressent comme une trahison, l'homme de lettres refuse de verser dans le ressentiment haineux. Dans un élan de résilience lyrique, il affirme que « la poésie sera [sa] guérison et l’amour [son] armure ».

S’inclinant devant la sacralité de l’État, il a tout de même tenu à remercier ceux qui l’ont soutenu, des journalistes sénégalais aux diplomates français, en passant par les autorités religieuses. Fidèle à son engagement pour la langue française, il a annoncé que son programme pour « refonder la Francophonie » ne mourrait pas avec sa candidature : il sera mis à la disposition de l'institution par la voie littéraire, à travers un ouvrage à paraître prochainement.

Un rendez-vous manqué

La clôture du 3 avril marque ainsi la fin d’un espoir pour une partie de l'intelligentsia sénégalaise qui voyait en Sall le successeur légitime de l'héritage senghorien à l'OIF.

Le poète conclut avec une hauteur de vue qui caractérise les grands esprits : « Ce pays ne sera pas un naufrage ! C’est par la dignité que nous répondrons à l’humiliation. » Le Sénégal ne dirigera pas l'OIF cette année, mais la parole de son poète, elle, restera gravée dans les archives d'une diplomatie qui, parfois, oublie ses propres icônes.

image_38.png image.png  (808.48 Ko)

Nouveau commentaire :

POLITIQUE | ECONOMIE | SOCIETE | CULTURE | SPORT | INTERNATIONAL | PEOPLE | TV & RADIO | TRIBUNE LIBRE | CONFIDENTIEL | COUP DE COEUR | COUP DE GUEULE | PORTRAIT | LETTRE DU JOUR | VU SUR FACEBOOK | FORCES ARMEES ET POLICE | FAITS DIVERS | INSOLITE | ILS ONT OSE LE DIRE | MEDIAS | EDITORIAL | COMMUNIQUE | NECROLOGIE | PUBLIREPORTAGE | NTIC | SANTE | JUSTICE | DIPLOMATIE | DIPLOMATIE | GUEST EDITORIALISTE | ENVIRONNEMENT | INSTITUTIONS | RELIGION | EDUCATION | AGRICULTURE | PAROLE DE CAMPAGNE | Antivirus, la chronique d'Abdoulaye Der | COVID-19 | Assemblée Nationale | Echos des Locales 2022







google.com, pub-1148023042834496, DIRECT, f08c47fec0942fa0