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UCAD: Africa Check conteste la vidéo brandie par le ministre de l’Intérieur Bamba Cisse et parle d’un extrait antérieur au 9 février

POLITIQUE
Vendredi 13 Février 2026

Au lendemain des heurts meurtriers sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), la bataille de la communication s’est invitée au cœur de la crise.

 Lors d’une conférence de presse tenue après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a projeté des images montrant de jeunes hommes tenant ce qu’il a présenté comme des cocktails Molotov, y voyant la preuve d’actions violentes et de « projets » visant notamment des infrastructures, dont des restaurants.  Mais cette séquence, utilisée comme élément central de son argumentaire, est désormais contestée par une enquête de vérification attribuée à Afrika Check, qui remet en cause la date à laquelle la vidéo aurait été filmée. 
 

Ce que le ministre a voulu démontrer


Dans un contexte très tendu – arrestations d’étudiants, indignation nationale et demandes d’enquête après le décès d’Abdoulaye Ba – le ministère a cherché à étayer l’idée que des violences graves étaient préparées ou commises sur le campus.

La projection de la vidéo avait un double objectif implicite : justifier la fermeté du maintien de l’ordre sur le site universitaire ; désigner des comportements jugés criminels au sein des manifestants, afin de déplacer le débat vers la menace sécuritaire.
C’est précisément parce que l’enjeu est lourd que l’authentification des images (date, lieu, contexte) devient déterminante.
 

Ce qu’affirme la vérification d'Africa Check


Africa Check dit avoir procédé à une vérification sur place et confirme d’abord un point : le lieu. L’image proviendrait bien du Pavillon A de l’UCAD. 
En revanche, l’enquête conteste la temporalité : des éléments visibles dans la vidéo (notamment des détails d’aménagement, tels que des grilles installées sur des balcons) indiqueraient que l’extrait est antérieur au 9 février 2026, contrairement à ce que le ministre a laissé entendre en l’associant aux événements de cette journée. 
La conséquence est majeure : si la vidéo n’a pas été filmée lors des heurts du 9 février, elle ne peut pas servir de preuve directe pour caractériser les faits de cette date-là.
 

Pourquoi la date d’une vidéo change tout


  Dans une crise, une image peut faire basculer l’opinion. Mais juridiquement et politiquement, une vidéo n’a de valeur que si l’on peut établir : où elle a été filmée (localisation), quand elle a été filmée (date/heure) dans quelles conditions (contexte, continuité, absence de montage trompeur)
Sur un campus, des images anciennes peuvent circuler – parfois sorties de leur contexte – et produire un effet de “preuve” alors qu’elles décrivent un autre moment.
 

Le point sensible : les métadonnées et le manque de réponse officielle


 Toujours selon ce qui est rapporté, Afrika Check aurait sollicité les autorités (via les canaux de communication concernés) pour obtenir ou exploiter des métadonnées permettant d’établir la date exacte de tournage, sans obtenir de réponse. 
Dans ce type d’affaire, la manière la plus simple de clore la controverse est pourtant connue : produire la version source (fichier original), ou à défaut un élément technique solide (horodatage, provenance, chaîne de conservation).

Au lieu de calmer les tensions après un décès sur un campus, la polémique sur l’authenticité d’une vidéo risque  d’aggraver la défiance entre étudiants et autorités ; de fragiliser la parole institutionnelle dans un moment où elle est attendue sur la vérité des faits ; de polariser l’opinion entre deux récits incompatibles : “violence préméditée” vs “instrumentalisation”.
Dans une affaire aussi sensible, la transparence n’est pas un luxe : c’est la condition minimale pour restaurer la confiance.

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