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​Quand Jeffrey Epstein servait d’entremetteur entre Karim Wade et une nièce du Président Ouattara

POLITIQUE
Vendredi 13 Février 2026

Il existe, dans les milliers de documents rendus publics par la justice américaine dans l’affaire Jeffrey Epstein, des fragments qui éclairent les réseaux d’influence reliant New York, Abidjan et Dakar au début des années 2010. Au-delà du scandale sexuel qui a éclaboussé l’élite financière et politique internationale, certains échanges mettent en lumière des connexions ouest-africaines, et notamment le rôle d’intermédiaire joué par le financier américain entre Nina Keita-nièce du président ivoirien Alassane Ouattara–et Karim Wade, fils de l’ancien chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade.

Les correspondances consultables dans les « Epstein Files » montrent qu’en 2011, Jeffrey Epstein présente Nina Keita à Karim Wade. Dans un message adressé à l’ancien ministre sénégalais, il évoque l’intérêt que lui porterait la jeune femme, alors active dans les cercles internationaux entre Abidjan, Paris et New York.

La formule, teintée de légèreté, masque mal le rôle d’entremetteur assumé par Epstein, qui, tout au long de sa carrière, cultivait un art consommé de la mise en relation entre responsables politiques, hommes d’affaires et figures mondaines.

Les échanges ultérieurs laissent apparaître une familiarité entre Nina Keita et Karim Wade, au point que, dans leurs messages privés, l’Américain et la jeune femme se réfèrent à l’ancien ministre comme au « futur » ou au « futur mari » – des surnoms dont la portée exacte demeure ambiguë.

L’épisode du lobbying américain

La dimension la plus concrète de cette relation transnationale apparaît en 2015. Cette année-là, Karim Wade est condamné à six ans de prison et à une lourde amende pour enrichissement illicite par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) au Sénégal.

Dans ce contexte, Nina Keita sollicite Jeffrey Epstein afin d’obtenir un soutien financier destiné à recruter un cabinet de lobbying américain. L’objectif : mobiliser des relais à Washington susceptibles d’intervenir, directement ou indirectement, dans le dossier sénégalais.

Selon les documents rendus publics, une somme de 100 000 dollars aurait été versée sur le compte de Nina Keita pour financer cette initiative. Aucune précision supplémentaire n’est fournie sur les résultats concrets de cette démarche, ni sur l’ampleur exacte de l’intervention du cabinet sollicité.

Réseaux d’influence et diplomatie informelle

Ces éléments illustrent une pratique bien connue dans les sphères du pouvoir : le recours à des intermédiaires privés pour ouvrir des portes, faciliter des rencontres ou activer des circuits d’influence à l’étranger.

Dans l’écosystème d’Epstein, ces services relevaient d’un modèle hybride, mêlant relations personnelles, intérêts financiers et capital politique. Le financier américain se présentait volontiers comme un facilitateur global, capable d’introduire des dirigeants auprès d’investisseurs, de responsables gouvernementaux ou de stratèges politiques.

Dans le cas ouest-africain, les documents laissent apparaître un entrelacement singulier entre dynamiques sentimentales supposées, solidarité politique et stratégies judiciaires internationales.

Une zone d’ombre persistante

La nature exacte de la relation entre Nina Keita et Karim Wade ne ressort pas clairement des documents disponibles. Rien n’indique formellement qu’Epstein ait joué un rôle au-delà de la mise en contact et du soutien financier mentionné.

Ni les intéressés ni les autorités concernées n’ont, à ce stade, apporté de commentaires publics détaillés sur ces éléments.

Reste que cette séquence rappelle combien l’affaire Epstein dépasse largement le cadre américain. Elle révèle des ramifications internationales où se croisent élites politiques, stratégies d’influence et réseaux privés, y compris en Afrique de l’Ouest.

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