« Faire taire les revendications »
Dans sa note, le Collectif dit prendre à témoin l’opinion nationale et internationale et qualifie la mesure de suspension de « décision irresponsable et autoritaire ». Pour les représentants étudiants, cette suspension ne viserait pas seulement un réaménagement administratif : elle serait surtout destinée à affaiblir la mobilisation et à « étouffer la voix des étudiants » afin de faire passer des réformes jugées contraires aux acquis du mouvement estudiantin.
Le texte va plus loin en y voyant un signal politique : la décision serait, selon eux, la preuve d’un refus de dialogue au profit de « la force institutionnelle ».
Pas de « continuité pédagogique » sans réouverture du campus social
Sur le plan pratique, le Collectif conteste la possibilité de poursuivre normalement les cours et examens dans le contexte actuel. Il affirme qu’il ne peut y avoir de continuité des activités pédagogiques sans l’ouverture préalable du campus social, estimant qu’une large partie des étudiants n’a pas d’alternative d’hébergement à Dakar.
Dans une formule lourde de sens, le communiqué établit un parallèle direct avec le passé : « 2023 est un miroir », écrit le Collectif, en référence à des épisodes antérieurs de tensions sur les campus.
Le communiqué revient également sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu dans le sillage des événements récents. Le Collectif réclame que l’autopsie soit remise à la famille, et insiste sur un document « avec la signature du procureur », afin que « toute la lumière » soit faite sur les circonstances du décès.
Le texte évoque par ailleurs des accusations graves relatives à des « actes de torture » et de « vandalisme » attribués aux forces de l’ordre — des allégations formulées par le Collectif, qui demande que les responsabilités soient établies par la justice.
Des membres du Collectif toujours détenus
Enfin, sur le volet sécuritaire et judiciaire, le Collectif affirme qu’à l’heure du communiqué, trois de ses membres sont toujours en détention, tandis que d’autres seraient « activement recherchés ». Il appelle les étudiants à rester « vigilants » et à ne pas céder à la « diversion », tout en maintenant ses exigences sur la gestion de la crise.
Ce communiqué acte surtout une rupture : d’un côté, l’administration et l’État invoquent l’ordre public et la continuité du service ; de l’autre, les représentants étudiants posent la réouverture du campus social et la vérité sur le décès comme conditions préalables à tout retour à la normale.
Dans l’immédiat, l’UCAD reste suspendue à deux urgences : l’apaisement sur le terrain et la clarification sur les événements ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, devenue le point de cristallisation d’une crise déjà explosive.
