Loin de se dérober, Jean Michel Sène a choisi les réseaux sociaux pour officialiser sa convocation. Le DG de l'ASER a affirmé que cette audition est une étape qu'il « appelait de ses vœux » pour clarifier les zones d'ombre entourant la gestion de l'agence.
« Je leur ai signifié ma disponibilité pour donner toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il posté, tout en lançant une pique à ses détracteurs politiques dont il estime que le « temps de la manipulation » touche à sa fin.
Les enjeux d’un dossier à 37 milliards de FCFA
Au cœur de l'enquête se trouve un financement colossal de 37 milliards de francs CFA destiné à l'électrification des zones rurales. Alors que des milliers de foyers attendent toujours d'être raccordés au réseau, plusieurs questions brûlantes attendent des réponses : comment ont été utilisés les financements engagés ? Quels travaux ont été concrètement livrés face aux montants décaissés? Pourquoi certaines localités demeurent-elles dans l'obscurité malgré l'ampleur du budget ?
Le rôle trouble de AEE Power sous la loupe
L'un des points névralgiques de l'investigation concerne la société espagnole AEE Power et son gestionnaire. Acteurs clés de certains marchés, leur absence de visibilité sur le terrain de l'exécution des projets suscite de profonds soupçons.
Les enquêteurs de la Section de Recherches devront déterminer si les engagements contractuels ont été respectés et si les flux financiers vers cette entreprise étaient justifiés par des services réels.
Un test pour la « reddition des comptes »
Cette convocation est perçue par l'opinion publique comme un test grandeur nature pour le nouveau régime en matière de transparence. Au-delà de la figure de Jean Michel Sène, c'est toute la chaîne de décision de l'ASER qui est scrutée.
L'enjeu est double : restaurer la confiance des Sénégalais dans la gestion des ressources publiques et garantir que l'argent destiné au développement rural serve effectivement à améliorer le quotidien des citoyens, et non à alimenter des circuits opaques.
La suite de l'enquête de la Section de Recherches, réputée pour sa rigueur, devrait permettre d'établir les responsabilités et de lever le voile sur ce qui est déjà qualifié de dossier brûlant de ce début de mandat.

