Alioune Tine met particulièrement en garde contre le risque de voir ces vices « validés » par une Haute juridiction qu’il décrit comme dominée par des adversaires politiques. Une configuration qui, à ses yeux, ouvrirait la voie à une conséquence lourde : la transformation de Farba Ngom en « détenu politique », non pas seulement par la nature des faits reprochés, mais par la perception d’un traitement juridiquement contestable et politiquement orienté.
Interpellation directe du chef de l’État
Dans sa déclaration, Alioune Tine interpelle directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en sa qualité de « gardien de la Constitution ». Le message est clair : le chef de l’État ne devrait pas rester spectateur si la procédure donne l’impression d’être guidée par des considérations politiques plutôt que par les exigences d’un procès équitable.Cette interpellation se veut aussi un rappel de responsabilité institutionnelle : au-delà de l’émotion publique ou des rapports de force, c’est la crédibilité des institutions qui se joue dans la manière dont le dossier est conduit, arbitrée et perçue.
Le “signal” Alioune Ndao
Alioune Tine insiste enfin sur un point précis : le rôle d’Alioune Ndao. Il le présente comme l’un des membres « les plus compétents, sinon le plus compétent » au sein de la Haute cour sur ces questions, en raison de son parcours d’ancien procureur.Derrière cet hommage appuyé, il y a une idée politique et procédurale : la voix d’Alioune Ndao doit, selon Tine, « absolument compter » pour éviter que l’affaire ne soit emportée par la précipitation, les irrégularités ou les clivages partisans. Autrement dit, dans un contexte où chaque étape est scrutée, l’expertise juridique interne devient pour lui un garde-fou potentiel.
Une bataille de perception autant que de droit
En filigrane, la déclaration d’Alioune Tine souligne un enjeu central : ce dossier ne se joue plus seulement dans les textes et les actes de procédure, mais aussi dans l’opinion. À mesure que la controverse enfle, chaque décision peut être lue soit comme l’expression normale de l’État de droit, soit comme la confirmation d’une justice instrumentalisée.C’est précisément cette bascule — du judiciaire vers le politique — que le défenseur des droits humains dit vouloir prévenir, en appelant au respect strict des garanties constitutionnelles et à une vigilance accrue sur la régularité des actes.
