10 millions de dollars de Prime CAF, de la visibilité pour la marque Sénégal
Premier gain tangible : la prime du vainqueur. Pour la CAN 2025, la CAF a officialisé une dotation portée à 10 millions de dollars pour le champion, une hausse annoncée avant le tournoi. La CAF rappelle que la prime était de 7 millions de dollars à l’édition précédente remportée par la Côte d’Ivoire, et de 5 millions au Cameroun 2021 — preuve que le “prize money” est devenu un enjeu central.
La victoire entraîne classiquement un effet d’entraînement sur la demande : maillots et accessoires, téléviseurs, produits festifs, bars, restauration, hôtellerie — une économie de la célébration qui irrigue aussi bien le formel que l’informel.
Mais c’est justement là que se situe une fuite : l’essentiel de la valeur du merchandising peut se dissoudre dans des circuits non officiels, réduisant les revenus structurés (licensing, fiscalité, emplois formels). Cette critique est au cœur des analyses d’experts relayées dans la presse sénégalaise après le sacre.
Une CAN gagnée renforce la marque pays : visibilité internationale, fierté nationale, attractivité touristique, image positive auprès d’investisseurs. Mais l’effet d’image ne devient richesse que s’il est converti : événements, partenariats commerciaux, contenus, “nation branding” coordonné, et offres touristiques ou culturelles adossées à l’élan sportif.
Droits TV : la vraie bataille du long terme
Le nerf de la guerre, au-delà de la prime, reste la capacité à monétiser l’écosystème local : droits TV/streaming, sponsoring domestique, billetterie, activation digitale, produits dérivés officiels. Tant que le championnat local n’est pas mieux valorisé, la victoire en sélection agit comme un feu d’artifice : spectaculaire, mais difficile à transformer en flux récurrents.
Data, SportTech, métiers : la valeur ajoutée à garder au pays
Autre enjeu de fond : capter la valeur sur place. La montée de la data (performance, scouting, gestion) et la structuration des métiers (juristes du sport, licences, management, patrimoine sportif) sont autant de leviers pour que l’économie du football ne soit pas uniquement émotionnelle… mais productive.
Le sacre rapporte immédiatement (prime CAF) et indirectement (consommation, image). Mais la vraie question est celle de la transformation : comment passer de la victoire comme moment national à la victoire comme politique économique — avec des règles, des filières et des recettes durables ? Sur ce point, les prochains choix de gouvernance sportive pèseront autant que le résultat sur le terrain.
