La protection de la liberté de la presse érigée en rempart Alors que le Conseil constitutionnel vient de censurer les dispositions permettant au Conseil national de Régulation des Médias (CNRM) de fermer des journaux ou des locaux sans passer par un juge, Me Aïssata Tall Sall y voit une avancée majeure. Selon elle, cette décision vient protéger l’exercice souverain d’un droit fondamental.
« C'est une victoire décisive pour notre démocratie. Le Conseil constitutionnel a entendu protéger l’exercice souverain de la liberté de la presse, qui est sacrée et garantie par notre Constitution », a-t-elle déclaré.
Un succès pour le bloc de l'opposition Pour l'ancienne garde des Sceaux, cette victoire est le fruit d'une synergie parlementaire. Elle a tenu à féliciter les députés du groupe Takku Wallu Sénégal ainsi que les membres du groupe des non-inscrits, dont la saisine a permis d'aboutir à cet arbitrage constitutionnel.
Me Aïssata Tall Sall a également rendu un hommage particulier à son confrère, le journaliste Cheikh Ahmadou Ndiaye, saluant son engagement sans faille dans cette « bataille juridique et démocratique » qui visait à empêcher une dérive autoritaire dans la régulation des médias.
Une leçon de droit et de proportionnalité
En invalidant les articles jugés attentatoires aux droits des journalistes — notamment ceux portant sur les sanctions définitives ou irréversibles — la haute juridiction a suivi l'argumentaire de l'opposition. Pour la présidente de Takku Wallu, ce rappel à l'ordre constitutionnel signifie que toute volonté de réguler le secteur doit impérativement respecter les principes de proportionnalité et de contrôle judiciaire.
Ce dénouement marque une étape clé dans le bras de fer opposant les forces de l'opposition au gouvernement actuel sur les questions de libertés publiques, confirmant que le Conseil constitutionnel reste, aux yeux de l'opposition, le garant ultime des équilibres républicains.
