Colonel Kébé, Capitaine Dièye, Commissaire Sadio : ces ex-officiers dans le maquis contre Macky

INSTITUTIONS
Mercredi 24 Juin 2020

Colonel Kébé
Colonel Kébé
Devoir de réserve, discrétion et préservation des secrets professionnels. Telles sont les obligations imposées aux fonctionnaires et agents contractuels, membres des forces de l’ordre en particulier. Mais, depuis quelques années, des officiers des forces de défense et de sécurité en activité ou à la retraite se mettent au-devant de la scène politico-médiatique pour dénoncer la gestion du régime du Président Macky Sall. Parmi ces derniers, on peut citer le colonel Abdourahim Kébé, le capitaine Mamadou Dièye ainsi que les commissaires Boubacar Sadio et Cheikhna Keita.

Mais même s’il critique parfois certaines décisions du régime en place et aussi de son chef, le président Macky Sall, le colonel de gendarmerie Abdoulaye Aziz Ndaw n’est pas à proprement parler, contrairement à la bande des quatre ci-dessus, un opposant au pouvoir en place. Tous ont cependant en commun d’avoir occupé des postes importants voire stratégiques dans l’Armée, la Gendarmerie ou la Police. Les quatre partagent la même opposition radicale au régime du président Macky Sall. L’enseignant chercheur en sciences politiques, Moussa Diaw, explique leur comportement par des « frustrations » non pas personnelles mais plutôt patriotiques. En effet, explique-t-il, ils seraient frustrés par le désordre noté au plus haut sommet de l’État. « Ce sont des gens qui ont travaillé avec la République. Donc, quand ils constatent un certain désordre dans l’Etat, c’est-à-dire un désordre de l’ordre public avec la complicité du premier des Sénégalais, ils ne peuvent qu’être frustrés de l’organisation administrative du pays mais aussi des agissements de ceux qui nous dirigent », soutient notre interlocuteur.

Selon lui, on se rend compte que quand le Président donne des directives, ses directives ne sont pas respectées ou tardent à l’être. « C’est la République qui est perturbée en termes de hiérarchie » soutient-il. D’après l’enseignant chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, ces cadres des forces de défense ou de l’ordre radicalisés alertent mais aussi s’opposent. Et M. Diaw de s’expliquer : « Ils sont bien placés pour alerter. Ils interviennent. Ils ont une vision et de l’expérience. Ils connaissent bien les rouages de l’Etat. Donc, il y a de quoi réfléchir sur les points soulevés par ces derniers. »
Dr Atab Badji, lui, souligne que ces quatre opposants anciennement en tenue sont avant tout des intellectuels qui ont des parcours. « Ils peuvent avoir une capacité d’analyse comme ceux qui occupent des postes politiques », estime l’analyste politique. Surtout que, admet-il, ils peuvent choisir librement leur voie quand ils recouvrent la liberté en tant que citoyens c’est-à-dire quand ils sont à la retraite.

Dr Atab Badji : « Ces membres forces de défense ou de l’ordre sont avant tout des intellectuels » Toutefois, le professeur Moussa Diaw rappelle qu’on est dans une démocratie. Donc, il faut que ces colonels et commissaires, pense-t-il, respectent malgré leur radicalisation les règles du jeu dans leurs sorties ou écrits. « Il y a l’espace politique qui est là. Ils sont libres de s’engager politiquement mais tout en évitant de dépasser les barrières », prévient-il. Même son de cloche du côté du Dr Atab Badji pour qui le plus important, c’est que ces interventions puissent se faire dans le respect strict des fondamentaux qui régissent notre commune volonté de vivre ensemble. Interpellé sur ce que devraient faire les autorités étatiques pour éviter ce genre de radicalisation dans les rangs des forces de défense et de sécurité, le professeur Moussa Diaw pense que gouverner c’est anticiper.

Un leader politique doit, selon lui, savoir anticiper sur ce genre de chose. Pr Moussa Diaw : « Ils doivent éviter de dépasser les barrières » « Il faudra qu’on réfléchisse et ne pas penser que si quelqu’un réagit qu’il est nécessairement contre. Mais y a des citoyens soucieux de l’avenir du pays. Plutôt que d’user de méthodes autoritaires, un chef d’État doit être à l’écoute des citoyens pour pouvoir régler les problèmes des Sénégalais. Que cela soit dans le domaine foncier ou dans les autres domaines », conseille en conclusion Pr Moussa Diaw.

Le Témoin
 

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