Le bassin arachidier au bord de l'asphyxie
C'est par le dossier brûlant de l'agriculture que la parlementaire a ouvert son intervention. Rappelant les engagements pris par Ousmane Sonko lors de sa tournée à Kolda, elle a pointé un écart abyssal entre les promesses et la réalité statistique.
Selon Me Aïssata Tall Sall, l'objectif de rachat de 450 000 tonnes par l'État est loin d'être atteint : au 30 janvier, seules **100 000 tonnes auraient été collectées.
« Il reste dans les bras du paysan 324 000 tonnes, alors que l'hivernage arrive dans quatre mois », a-t-elle alerté, peignant le spectre d'une détresse économique profonde pour le monde rural face à ces invendus massifs.
Tragédie à l'UCAD : « Le remède a été pire que le mal »
Le second volet de son réquisitoire a concerné la crise universitaire, marquée par le décès tragique de l'étudiant Cheikh Abdoulaye Dièye à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Tout en présentant ses condoléances à la famille, la députée a fustigé la stratégie sécuritaire du gouvernement.
Répondant à l'argument de la "prévention" invoqué par l'exécutif pour justifier l'intervention des forces de l'ordre, Me Aïssata Tall Sall a eu des mots très durs : « Si c'était pour empêcher que le restaurant et la bibliothèque brûlent, finalement on s'en est sorti avec un mort. » Elle a exhorté le ministre de l'Enseignement supérieur à privilégier le dialogue et à régler enfin la question du paiement des bourses pour ramener la sérénité dans les campus.
Précarité sociale : l'attente des familles vulnérables
L'ancienne cheffe de la diplomatie sénégalaise a élargi le débat à la situation des ménages les plus démunis. Elle a déploré les retards persistants dans le versement des **bourses de sécurité familiale**. En cette période de ramadan et à l'approche du carême chrétien, ces retards accentuent la vulnérabilité de milliers de foyers qui comptent sur cette aide pour subsister.
Me Aïssata Tall Sall a placé le Premier ministre face à ses responsabilités. Loin des joutes oratoires habituelles, elle a exigé des réponses claires : « Quelles sont les mesures concrètes pour apaiser cette situation sociale si nous voulons avancer ? »
