Anta Babacar Ngom n'a pas utilisé de gants diplomatiques pour dresser le bilan des deux premières années de l'ère Sonko. Si elle reconnaît que le gouvernement a posé un diagnostic sévère sur la gestion du régime précédent — citant la surfacturation à 17 %, le détournement de 40 % du budget ou encore la « dette cachée » — elle estime que le temps de l'explication est révolu.
« À quand la pose de la première pierre ? À quand les bonnes nouvelles qui redonneront espoir au peuple sénégalais ? », s'est-elle exclamée devant l'hémicycle.
Pour la députée, le décalage entre les discours officiels et le quotidien des Sénégalais devient insupportable : « Vos projets sont là, mais ce ne sont que des théories. En ce qui concerne la réalisation, on n’a rien vu en deux ans. Rien n’a changé. »
Éducation et Santé : des secteurs en souffrance
Le tableau brossé par la parlementaire est celui d'un pays à l'arrêt, marqué par une instabilité chronique dans les services sociaux de base. Anta Babacar Ngom a pointé du doigt la paralysie des secteurs stratégiques de la santé et de l’éducation, dénonçant des grèves à répétition qui hypothèquent l'avenir de la jeunesse et la prise en charge des malades.
Elle a exhorté le Premier ministre à rompre le silence et à rétablir le dialogue : « S’il vous plaît, parlez aux étudiants et écoutez-les. »
L'affaire des détenus au Maroc : un échec diplomatique ?
Le point d'orgue de son intervention a concerné le volet humain et diplomatique. La députée a interpellé Ousmane Sonko sur le sort des ressortissants sénégalais incarcérés au Maroc, une question qui suscite une vive émotion au sein des familles.
Le reproche est direct, presque personnel : « En ce qui concerne les détenus au Maroc, comment avez-vous pu aller jusqu’au Maroc et revenir sans nos enfants ? » Par cette question, Anta Babacar Ngom pointe une forme d'impuissance, voire d'indifférence, de la part de l'exécutif face à la détresse des compatriotes à l'étranger.
Ce réquisitoire se veut l'écho d'une fatigue sociale grandissante. En martelant que « les Sénégalais sont fatigués », Anta Babacar Ngom place le gouvernement face à un défi de taille : transformer les promesses de rupture en réalités tangibles avant que l'espoir ne cède définitivement la place à la désillusion.
