Le feuilleton politique au sommet de l’État sénégalais connaît un nouveau rebondissement majeur. Quelques semaines seulement après son geste historique , El Malick Ndiaye fait un retour hautement stratégique au sein du bureau de l’Assemblée nationale. L’ancien président de l’institution vient d’être élu premier vice-président, consolidant ainsi son ancrage au cœur du réacteur législatif et de l’appareil du parti majoritaire, le PASTEF.
Du perchoir à la première vice-présidence : Un sacrifice récompensé
Pour comprendre la portée de cette élection, il faut remonter au 24 mai 2026. Deux jours après le limogeage d'Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, El Malick Ndiaye choisissait de démissionner de la présidence de l'Assemblée nationale.
Cet acte de loyauté absolue et d'abnégation politique avait un but précis : libérer le perchoir pour y installer Ousmane Sonko, faisant du leader du parti la deuxième personnalité de l’État.
À la suite de ce grand chambardement, le premier vice-président en exercice, Ismaïla Diallo, a également quitté ses fonctions, déclenchant une réorganisation complète du bureau parlementaire. C’est ce poste clé, véritable tour de contrôle de l’hémicycle, qu’occupe désormais El Malick Ndiaye.
Le PASTEF en ordre de bataille face à l'exécutif
Cette transition interne intervient dans un contexte de rupture politique désormais consommée entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko. En plaçant ses lieutenants les plus fidèles aux postes stratégiques du Parlement, le parti réaffirme sa cohésion et sa puissance de frappe institutionnelle.
Fidèle parmi les fidèles et membre du PASTEF depuis 2015, El Malick Ndiaye affiche un parcours sans faute :
-
Gouvernement (2024) : Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens.
-
Législatives anticipées : Propulsé à la présidence de l’Assemblée nationale grâce à la victoire écrasante du parti.
-
Aujourd'hui (Juin 2026) : Premier vice-président et gardien des équilibres parlementaires aux côtés d'Ousmane Sonko.
Une majorité parlementaire sous haute tension
Avec 130 sièges sur 165, le PASTEF conserve une majorité confortable à l’Assemblée nationale. Une force de frappe qui s’annonce décisive pour les semaines à venir.
Les échéances clés du bras de fer institutionnel :
Le test de la Primature : Le tout nouveau Premier ministre nommé par le chef de l'État, Ahmadou Al Aminou Lô, dispose d'un délai de trois mois pour obtenir la confiance des députés. En cas de blocage, il s'expose directement au vote d'une motion de censure par la majorité parlementaire acquise à Sonko.
Le bouclier temporel : Le président Bassirou Diomaye Faye se retrouve constitutionnellement les mains liées : il ne pourra pas prononcer une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale avant novembre 2026.
En reprenant les rênes de la première vice-présidence, El Malick Ndiaye se positionne en première ligne d'une cohabitation interne inédite, où le Parlement sénégalais s'impose plus que jamais comme le véritable centre de gravité du pouvoir politique.
