Selon les révélations du quotidien Les Echos, si les députés de la majorité – sous la houlette d'Ayib Daffé – s'accordent avec l'exécutif sur de nombreux chantiers de fond, ils marquent une rupture nette concernant l’architecture même du pouvoir gouvernemental.
L'article 57 : La ligne de démarcation entre la Présidence et l’Hémicycle
La principale ligne de partage entre l'avant-projet initial de la présidence porté par Bassirou Diomaye Faye et la mouture réécrite par ses propres députés repose sur l’article 57 de la Constitution, qui fixe les attributions du chef du gouvernement.Là où le Palais de la République prévoyait une formule prudente, déléguant uniquement au Premier ministre la possibilité de présider occasionnellement le Conseil des ministres ou de saisir la future Cour constitutionnelle, le texte de la majorité parlementaire opère un glissement visible vers un régime plus parlementaire.
| Prérogatives selon l'avant-projet Présidentiel | Extensions majeures exigées par les Députés du PASTEF |
| • Présidence du Conseil des ministres sous délégation expresse | • Contrôle absolu de l'administration et nomination aux emplois civils définis par la loi |
| • Saisine de la Cour constitutionnelle | • Plein exercice du pouvoir réglementaire et exécution directe des lois |
| • Présidence automatique des Conseils interministériels et des réunions sectorielles | |
| • Pouvoir autonome de délégation de compétences vers les ministres |
Un encadrement strict du Conseil des ministres et du contreseing
La proposition législative des députés du PASTEF ne se contente pas d'élargir le domaine d'action du Premier ministre ; elle formalise juridiquement son autonomie face aux ministres. Le texte précise en effet que les actes réglementaires du Premier ministre seront désormais obligatoirement contresignés par les membres du gouvernement chargés de leur exécution.De plus, si le Premier ministre est autorisé à présider le Conseil des ministres, cette prérogative est strictement balisée par les députés : elle nécessitera une délégation expresse du chef de l'État sur un ordre du jour préalablement et conjointement fixé par le président de la République.

