En Chine, la découverte d’un vaccin qui protégerait les singes du Covid-19 suscite l’espoir

COVID-19
Samedi 25 Avril 2020

Basé à Pékin, le laboratoire qui a développé ce vaccin expérimental va démarrer des essais cliniques sur des humains.


En Chine, la découverte d’un vaccin qui protégerait les singes du Covid-19 suscite l’espoir
De « Nature » à « Science Magazine », plusieurs revues scientifiques prestigieuses relaient ces derniers jours la découverte d’un vaccin en Chine, pour l’heure fructueusement expérimenté sur des macaques. Basé à Pékin, le laboratoire Sinovac Biotech  est depuis le 16 avril autorisé à effectuer des essais cliniques sur des humains. « Ces résultats nous donnent beaucoup d’espoirs sur le fait que le vaccin puisse fonctionner aussi sur les humains », commente Meng Weining, responsable chez Sinovac, un laboratoire qualifié d’« expérimenté » par la revue « Science ».

Très concrètement, les chercheurs de ce laboratoire chinois ont d’abord administré à différents macaques rhésus trois doses d’un vaccin comprenant des particules du SRAS-CoV-2. Ensuite, huit de ces singes ont été exposés au coronavirus. Sept jours plus tard, ceux qui avaient reçu la plus forte dose du vaccin ne présentaient aucune trace du virus, tandis que ceux à qui avait été administrée une dose modérée présentaient bien moins de signes d’infection que les singes n’ayant pas été vaccinés du tout.

Des premiers résultats connus fin juin

 
Selon un rapport rendu public, les chercheurs du laboratoire Sinovac Biotech, l’infection contractée par les singes qui avaient été vaccinés avec une dose modérée a ensuite facilement pu être contrôlée, puis traitée. Les singes non vaccinés, eux, ont développé des formes aigues de coronavirus dans différentes parties du corps, ainsi que des formes sévères de pneumonie.

Dans la revue « Science », le virologue Florian Krammer de l’Icahn School of Medicine explique suivre de près l’élaboration de ce vaccin :« Cela pourrait marcher. Ce que j’apprécie le plus [dans la démarche des chercheurs de Sinovac], c’est que de nombreux fabricants de vaccins dans le monde pourraient le reproduire facilement, y compris dans les pays à faibles ou moyens revenus ». Depuis le 16 avril, 144 volontaires chinois sont soumis aux tests cliniques du laboratoire Sinovac, dans la province de Jiangsu, au nord de Shanghai.

Comme les singes, ils ont été soumis à des doses différentes de vaccin, ou bien à une dose placebo et sont actuellement suivis pour vérifier aussi que les vaccins ne causent pas d’effets secondaires. Le laboratoire espère lancer la seconde phase de ces essais cliniques dès la mi-mai, avec cette fois plus d’un millier de volontaires. Les résultats seront connus d’ici la fin du mois de juin.

Quelques réserves

 
Selon l’OMS, six autres vaccins sont en cours de test sur des humains dans le monde et 77 autres sont en cours de développement. A Pittsburgh, Douglas Reed tente lui aussi d’élaborer un vaccin contre le Covid19. Il estime que les expérimentations de ses homologues chinois n’ont pas été faites sur un nombre suffisant de singes pour obtenir des résultats statistiques satisfaisants.

Il existe d’autres réserves sur ce vaccin expérimenté par Sinovac Biotech : les chercheurs chinois de ce laboratoire admettent eux-mêmes qu’il est encore « trop tôt pour définir quel est le meilleur animal sur lequel tester et étudier les effets d’un vaccin contre le SARS-CoV-2 ». Les singes infectés développent en effet des symptômes bien moins sévères que les humains.

Par ailleurs, le virus semble lui aussi muter avec le temps, et pourrait ne plus être tout à fait le même que celui sur lequel planchent les biologistes du laboratoire Sinovac Biotech - et qui avait été initialement isolé sur des patients chinois, italiens, suisses et espagnols. Un véritable challenge pour les équipes qui planchent sur l’élaboration d’un vaccin.

Heureusement, ces mutations sont très lentes, détaille le « Washington Post ». Et en conséquence, « le virus ne mute pas de façon à se rendre résistant à un vaccin », se réjouit l’immunologiste Mark Slifka, de l’Université Oregon Health & Science.

L’OBS (France)
 

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