Une seconde procédure, distincte du dossier financier
La demande actuelle intervient alors que Farba Ngom est déjà détenu depuis le 27 février 2025 dans une affaire lourde : association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie sur les deniers publics, sur des montants évoqués de 31,885 milliards FCFA et 91,686 milliards FCFA, ainsi que complicité d’abus de biens sociaux.Cette fois-ci, selon les informations rapportées par Libération, la justice ne vise pas des faits de “complot” ou de “manœuvres susceptibles de troubler l’ordre public”. La saisine concerne plutôt trois chefs présumés : violation du secret de l’instruction, introduction d’objet prohibé en milieu carcéral et diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs.
Deux téléphones au Pavillon spécial au cœur de l’affaire
Les faits reprochés seraient liés à la découverte de deux téléphones dans la cellule de Farba Ngom, au Pavillon spécial, lors d’une fouille effectuée le 28 décembre 2025.- La violation du secret de l’instruction serait liée à la présence, dans l’un des téléphones, de procès-verbaux d’audition de Tahirou Sarr dans le fond du dossier, devant le juge du premier cabinet financier.
- La diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs renverrait, elle, à un partage de contenu impliquant une femme, selon le même récit.
La position de Farba Ngom : contestation et aveux partiels
Lors de sa dernière extraction, Farba Ngom aurait refusé de répondre aux enquêteurs de la Section de recherches, soutenant que les deux téléphones auraient été exploités sans sa présence ni celle de ses avocats.Auparavant, il aurait toutefois reconnu être arrivé à Rebeuss avec le premier téléphone dissimulé lors de son transfert, caché dans un pot de lait. S’agissant du second appareil, il aurait indiqué qu’il lui aurait été “apprêté” par un agent pénitentiaire, Serigne Abdou Aziz Guèye, par ailleurs écroué dans le cadre d’une information judiciaire pendante devant le doyen des juges d’instruction.
Cette nouvelle demande de levée d’immunité ouvre un front procédural supplémentaire : l’Assemblée doit à nouveau se prononcer pour permettre au parquet d’engager (ou de poursuivre) des actions visant directement le député dans ces faits présumés. Dans un contexte déjà hautement politisé, cet épisode risque de raviver le débat sur la séparation des pouvoirs, le traitement carcéral des détenus “sensibles”, et l’équilibre entre garanties procédurales et exigences d’enquête.

