Un malaise aux zones d'ombre inquiétantes
Tout commence dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mars. Selon les déclarations initiales de son époux, Moustapha Seck, la jeune femme se serait plainte de violents maux de tête aux alentours de 23 heures avant de s'écrouler dans leur chambre. Évacuée en urgence vers l’hôpital Roi Baudouin, Khadija Sow y est déclarée morte peu après son admission.
Cependant, les circonstances du décès ont immédiatement alerté le personnel médical, poussant l'établissement à demander une réquisition pour autopsie.
Les révélations de l'autopsie : des coups derrière le "malaise"
Si le mari a tenté de soutenir la thèse d'une mort naturelle, le rapport médical de l’hôpital général Idrissa Pouye est venu contredire cette version. L'examen a révélé des éléments accablants :
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Grossesse avancée : La victime portait un enfant de 27 semaines.
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Traumatisme : Outre une cardiopathie dilatée, le médecin-légiste a formellement relevé un hématome du cuir chevelu, signe de violences physiques.
Face à ces indices concordants, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a ordonné l'arrestation immédiate de l'époux.
Trois arrestations et une famille dans la tourmente
L'enquête ne s'est pas arrêtée au principal suspect. Selon des sources exclusives de Seneweb, la Sûreté urbaine a également procédé à l'interpellation de la mère et du beau-père de Moustapha Seck.
Les chefs d'accusation :
Moustapha Seck : Garde à vue pour coups mortels.
Les beaux-parents : Garde à vue pour non-assistance à personne en danger. Il leur est reproché d'avoir assisté à la scène ou d'avoir eu connaissance de la détresse de la victime sans être intervenus pour lui porter secours.
Un nouveau cas de féminicide qui indigne
Ce drame relance une nouvelle fois le débat sur les violences conjugales au Sénégal, particulièrement lorsque les victimes sont dans un état de vulnérabilité tel qu'une grossesse. Khadija Sow, qui partageait son quotidien de commerçante sur les réseaux sociaux, laisse derrière elle une communauté en deuil et une famille réclamant justice.
L'enquête se poursuit pour déterminer avec exactitude le déroulement de cette nuit fatidique du 21 mars.

