Une critique de « l’activisme moral »
Sans nommer directement le leader de l’organisation Jamra dès l’entame de son propos, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il perçoit comme une dérive de certains acteurs de la société civile. Pour le Premier ministre, nul ne doit s'ériger en « élu » ou en autorité morale suprême sur des questions de mœurs.
« Il y a des gens qui croient être les élus habilités à parler de l’homosexualité. Ils en font trop », a-t-il lancé devant une assistance attentive.
Le rejet de la « délation publique »
Le point de friction majeur soulevé par le chef du gouvernement concerne la pratique du « naming » (le fait de citer publiquement des noms). Ousmane Sonko a fermement condamné la publication de listes ou de noms de personnes présumées homosexuelles par des organisations ou des individus.
Pour le Premier ministre, cette méthode outrepasse les droits citoyens et empiète sur les prérogatives de la justice et de la police. « Rien ne les autorise à publier les noms des gens sous prétexte qu’ils sont homosexuels », a-t-il martelé, précisant que la gestion de l'ordre public et l'application de la loi sont des domaines **exclusivement régaliens**.
Une mesure forte : le retrait de la protection sécuritaire
L’annonce la plus marquante de son intervention reste sans doute la décision administrative prise à l'encontre de Mame Mactar Guèye. Ousmane Sonko a révélé avoir ordonné la fin de l'escorte sécuritaire dont bénéficiait l'activiste.
« Quand j’ai entendu qu’une sécurité avait été mise à sa disposition, j’ai demandé au ministère de l’Intérieur de la retirer », a-t-il affirmé. Par ce geste, le Premier ministre entend signifier que l'État ne saurait cautionner, même indirectement, des démarches qu'il juge excessives ou déstabilisatrices pour la cohésion sociale.
Ousmane Sonko a réitéré sa vision d'une administration forte : les questions de société, aussi sensibles soient-elles, doivent être traitées par les institutions compétentes et non par des initiatives individuelles. C'est un rappel clair que, sous son magistère, la « police des mœurs » ne pourra être exercée que par les canaux officiels de la République.
