La tension est montée d'un cran entre la Belgique (Wallonie) et le Sénégal. Au cœur du litige : le vote, le 11 mars dernier, de la modification de l'article 319 du Code pénal, durcissant les peines liées à l'homosexualité et à son apologie. Une décision souveraine de l'Assemblée nationale qui passe mal auprès de certains partenaires européens.
L'annulation de Cécile Neven : Un « grand écart » fustigé
La ministre wallonne du Logement et de l’Énergie, Cécile Neven, a marqué son opposition en annulant son voyage officiel au Sénégal, où elle devait participer à un colloque sur des projets climatiques financés par la Wallonie.
Pour Cheikh Oumar Diagne, ancien ministre conseiller et figure de proue du parti Rassemblement pour la Vérité / And Ci Dëgg (RV-ACD), cette réaction est symptomatique d'une époque que l'on croyait révolue. Dans une lettre ouverte musclée, il fustige la confusion des genres opérée par la ministre :
« Madame la Ministre opère un grand écart entre des fonds destinés au climat et les "droits" des personnes LGBTQIA+, bafouant ainsi un principe pourtant universel : le droit des peuples à se gouverner sans contraintes. »
La fin du paternalisme et des « aides » conditionnées
L'ancien directeur des moyens généraux de la Présidence a tenu à remettre les points sur les « i » concernant la nature de la coopération internationale. Selon lui, le Sénégal ne se situe pas dans une posture de quémandeur, mais de partenaire.
« Le Sénégal ne mendie pas des aides », a martelé Cheikh Oumar Diagne, précisant que le pays aspire à des rapports « win-win » (gagnant-gagnant) et sans conditionnalités morales ou culturelles. Il voit dans la posture de Cécile Neven une « condescendance inouïe » qui ignore la volonté d'un peuple souverain attaché à ses « croyances ancestrales ».
La mondialisation n'est pas une « occidentalisation »
Au-delà de l'incident diplomatique, Cheikh Oumar Diagne pose un débat de fond sur la marche du monde. Pour le leader du RV-ACD, le respect des us et coutumes doit être le socle de tout échange international.
« La mondialisation ne saurait être une occidentalisation des valeurs et pratiques », a-t-il rappelé, invitant la ministre wallonne à plus de retenue. Il conclut en affirmant que sur cette question identitaire, aucune « compromission » ne sera tolérée par le peuple sénégalais, uni derrière sa représentation nationale.

