Le prix de la liberté de parole
Le divorce entre le sommet de l’État et le membre fondateur du groupe Keur Gui s’est joué dans l'arène médiatique. Il y a quelques jours, Kilifeu a multiplié les sorties critiques, remettant ouvertement en cause la méthode de gouvernance du Président Bassirou Diomaye Faye.
Dans une vidéo largement relayée, l’artiste-militant avait affirmé que son poste institutionnel ne l’empêchait pas de défendre ses convictions. En prenant publiquement position en faveur d'Ousmane Sonko tout en égratignant le chef de l'État dans le cadre des rumeurs de tensions au sein de l'exécutif, Kilifeu a, selon de nombreux observateurs, franchi la ligne rouge du devoir de réserve.
Une nomination qui avait déjà fait couler beaucoup d'encre
Sa nomination en 2024 avait été perçue comme une récompense pour son engagement de longue date au sein du mouvement Y’en a marre et son rôle dans l'avènement de la "Rupture". Cependant, son passage à la tête du Conseil d'Administration a été marqué par plusieurs épisodes de tension, notamment avec la direction générale du Grand Théâtre sur des questions de protocole et de gestion RH.
Kilifeu retrouve sa pleine liberté de ton. « Lima Xeex Yeup... » (Tout ce pour quoi je me suis battu...), déclarait-il récemment, laissant entendre qu'il ne sacrifierait jamais ses principes pour les délices du pouvoir.

