Le paysage médiatique sénégalais vient de retrouver l'un de ses visages les plus polémiques. C'est lors de l'émission Faram Facce sur la TFM, animée par Pape Ngagne Ndiaye, que Badara Gadiaga a choisi de rompre un silence de plusieurs mois pour dresser un bilan au vitriol des deux premières années de gouvernance du régime actuel.
Un Premier ministre sous le feu des critiques
Le point d'orgue de son intervention a sans doute été son analyse sans filtre de la gestion d'Ousmane Sonko. Gadiaga n'a pas hésité à utiliser des termes forts pour qualifier l'actuel chef du gouvernement, affirmant sans détour :
« Nous avons le Premier ministre le plus limité de l’histoire du Sénégal. »
Selon le chroniqueur, le niveau d'exigence démocratique du pays dépasserait largement les capacités actuelles de l'exécutif. Il va plus loin en prédisant un risque d'isolement politique pour le leader de Pastef : « Ousmane Sonko risque de s’auto-effacer lui-même », a-t-il martelé, fustigeant ce qu'il perçoit comme une peur du débat public de la part du Premier ministre.
« Le Sénégal est devenu la risée du monde »
Sur le plan international, le constat de Gadiaga est tout aussi sombre. Pour lui, le rayonnement diplomatique et économique du Sénégal a subi une « chute brutale ». Il estime que le pays a perdu de sa superbe sur la scène mondiale, allant jusqu'à déclarer que « le Sénégal est devenu la risée du monde » sous la nouvelle administration.
À l'opposé, il a tenu à saluer la figure de l'ancien président Macky Sall, dont il soutient la candidature à un poste de haut niveau à l'ONU. Pour Gadiaga, Macky Sall est un homme « prédestiné » dont l'accession aux plus hautes fonctions onusiennes représenterait une consécration pour la diplomatie africaine.
Une réplique cinglante du camp présidentiel
Ces déclarations n'ont pas manqué de faire réagir. Le ministre Waly Diouf Bodian a promptement répondu sur les réseaux sociaux, tentant de discréditer le chroniqueur sur son niveau d'étude.
« Pour apprécier correctement le niveau du Premier ministre, il faut au moins avoir un diplôme universitaire. Toi, je pense que tu n'as pas pu passer l'obstacle du BFEM », a lancé le ministre, dénonçant des critiques qu'il juge illégitimes.
Vers une nouvelle ère politique pour Gadiaga ?
Ce retour intervient peu après le lancement de son propre mouvement politique. En concluant ses interventions par le slogan « L'essentiel, le Sénégal », Badara Gadiaga semble vouloir transformer son aura de chroniqueur en un véritable poids politique, prêt à occuper l'espace laissé par une opposition en quête de nouveaux leaders d'opinion.
