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Me Moussa Bocar Thiam engage un bras de fer institutionnel devant le Barreau

POLITIQUE
Mercredi 4 Mars 2026

L'ancien ministre et avocat a officiellement sollicité l'arbitrage du Bâtonnier de l'Ordre pour faire obstacle à son renvoi devant la Haute Cour de Justice. Invoquant un vide juridique et des vices de procédure, il dénonce une mise en accusation qu'il juge dépourvue de base constitutionnelle.

L'affaire opposant l'État du Sénégal à Me Moussa Bocar Thiam vient de franchir une étape décisive sur le terrain du droit corporatiste et constitutionnel.

L’ancien ministre de la Communication, s’appuyant sur son statut d’avocat, a saisi le Bâtonnier de l’Ordre pour solliciter un veto formel contre les poursuites engagées à son encontre. Cette démarche repose sur une protection spécifique au barreau sénégalais qui impose une consultation préalable de la tête de l'Ordre avant toute mesure privative de liberté visant un avocat.

Au cœur de l'argumentation de la défense se trouve une critique radicale de la légalité même de la procédure parlementaire. Me Thiam soutient que l’Assemblée nationale opère actuellement dans un véritable vide juridique concernant la Haute Cour de Justice.

Il rappelle que le Conseil Constitutionnel a censuré, en juillet 2025, les dispositions du règlement intérieur de l'Assemblée qui traitaient de cette juridiction d'exception.

Faute d'avoir amendé le texte après cette censure, les députés auraient purement et simplement supprimé les articles concernés, privant ainsi toute saisine actuelle de fondement réglementaire.

Au-delà de cette carence structurelle, l'avocat pointe des irrégularités qui auraient entaché la séance même de sa mise en accusation. Il fait état d'une violation de la loi organique qui interdit aux députés membres de la Haute Cour de prendre part aux débats ou au vote concernant la poursuite.

Selon lui, la participation active de certains parlementaires membres de ladite Cour, malgré les rappels publics du Président de l’Assemblée nationale, frappe la délibération de nullité absolue.

Sur le fond des accusations de détournement de deniers publics liées au projet « Sénégal Connect Park », l’ancien ministre oppose un démenti catégorique soutenu par des arguments administratifs.

Il affirme qu'aucun audit ni rapport de corps de contrôle n'a épinglé sa gestion et précise qu'en sa qualité de ministre, il ne disposait d'aucun pouvoir d'ordonnancement sur les fonds des structures autonomes visées.

Il avance par ailleurs que les fonds en question ne revêtent pas un caractère public et ne figurent sur aucune ligne budgétaire de son ancien département.

L'enquête menée au pôle judiciaire financier semble, selon les dires de l'intéressé, corroborer cette absence de flux financiers illicites, les acteurs interrogés ayant démenti tout bénéfice personnel au profit du ministre.

En portant l'affaire devant le Bâtonnier, Me Moussa Bocar Thiam transforme ce dossier judiciaire en un test majeur pour l'indépendance du barreau et la rigueur des procédures constitutionnelles au Sénégal.

La décision de l'Ordre des avocats est désormais scrutée comme un indicateur crucial de la résistance des garanties professionnelles face aux poursuites politiques.


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