C'est lors du Conseil des ministres du mercredi 18 février que l'annonce a été officialisée. Le chef du gouvernement entend respecter scrupuleusement l'exercice démocratique de redevabilité devant la représentation nationale. Au-delà du compte rendu de sa récente participation au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, Ousmane Sonko devra répondre aux préoccupations brûlantes des Sénégalais, portées par les députés de la majorité comme de l’opposition.
Trois dossiers brûlants sur la table
Le face-à-face s'annonce musclé, tant les sujets de friction sont nombreux. Trois dossiers majeurs devraient dominer les débats :
La crise universitaire et l'affaire Abdoulaye Ba
Le monde universitaire est en ébullition depuis le décès tragique de l'étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Alors que les collectifs d'étudiants dénoncent des violences policières et des lenteurs dans l'enquête, le gouvernement est attendu sur des garanties de transparence. Ousmane Sonko devra préciser l'état d'avancement des investigations et les mesures prises pour pacifier les campus, où les journées "sans ticket" et les grèves se multiplient.
Le débat sur la criminalisation de l’homosexualité
C'est un sujet qui enflamme régulièrement l'espace public sénégalais. Sous la pression de collectifs religieux et citoyens, la question de la criminalisation de l'homosexualité revient au cœur de l'agenda politique. Bien que la législation actuelle prévoie déjà des peines pour les "actes contre nature", une partie de l'opinion exige un durcissement des sanctions. Le Premier ministre devra clarifier la position officielle du gouvernement face aux nouvelles propositions de loi en gestation.
La redevabilité et la séparation des pouvoirs
Enfin, cette séance sera un test pour la nouvelle dynamique de collaboration entre l'exécutif et le législatif. Dans un climat de suspicion sur le fonctionnement de la justice et la gestion des derniers publics, le "Grand Oral" d'Ousmane Sonko sera scruté comme un indicateur de la volonté de rupture prônée par le régime actuel.
La session du 24 février ne sera pas qu'une simple formalité administrative. Elle représente un moment de vérité pour un gouvernement qui joue sa crédibilité sur sa capacité à "éteindre le feu" universitaire tout en restant fidèle à ses promesses de justice sociale. Entre interpellation et justification, Ousmane Sonko devra faire preuve de pédagogie pour rassurer une population en attente de réponses concrètes.
