"Je profite de cette tribune pour déplorer la publication du statut sérologique de ces personnes. Ce qui se passe dans ce pays, concernant la publication du statut sérologique des gens, est à déplorer. Les personnes dont les tests sérologiques ont été publiés appartiennent à des familles et ont des enfants. cause de la publication de leur statut sérologique, leurs enfants n’osent plus aller à l’école”, a-t-il insisté, en fustigeant des pratiques “inacceptables” et “inadmissibles”, a deploré le Premier ministre.
“Il n’y a plus de secret de l’instruction entre le juge et le parquet. Tous les procès-verbaux” des récentes enquêtes relatives à des faits d’homosexualité sont exposés sur la place publique, a dénoncé le chef du gouvernement
Le ton était à la fois grave et ferme. Interrogé sur les récentes affaires d'homosexualité présumée et de transmission volontaire du VIH, Ousmane Sonko a choisi de déplacer le curseur du débat vers le respect de la dignité humaine. Pour le chef du gouvernement, la publication des résultats de tests sérologiques dans l'espace public est un franchissement de ligne rouge « inacceptable et inadmissible ».
« Qui a donné l’autorisation à des gens de publier le statut sérologique d’autrui, de dire qui a le cancer ou le sida ? », s'est-il interrogé, interpellant directement le Procureur de la République sur cette violation flagrante du secret médical.
Des conséquences sociales dramatiques
Au-delà de l'aspect juridique, c'est l'impact humain qui semble avoir guidé la sortie du Premier ministre. Ousmane Sonko a notamment mis en lumière les dommages collatéraux de cette « justice populaire » numérique. Il a évoqué le sort d'enfants, désormais stigmatisés, qui n'osent plus se rendre à l'école en raison de l'opprobre jetée sur leurs parents.
« On est en train de détruire des familles », a-t-il martelé, rappelant que derrière chaque dossier médical se trouvent des êtres humains, des pères et des mères de famille dont la vie privée est protégée par la loi.
La fin du secret de l'instruction ?
Le Premier ministre n'a pas ménagé l'institution judiciaire et les services d'enquête. Il a pointé du doigt la porosité inquiétante entre les bureaux des juges et la place publique, déplorant que des procès-verbaux (PV) d'enquêtes sensibles se retrouvent sur les réseaux sociaux avant même tout jugement.
« Il n’y a plus de secret de l’instruction entre le juge et le parquet », a-t-il regretté, soulignant une défaillance dans la chaîne de confidentialité qui doit normalement entourer les procédures pénales.
Le chef du gouvernement a appelé à une réaction ferme des autorités compétentes. Loin de se contenter d'un constat, il exhorte à l'interpellation immédiate de ceux qui s'adonnent à la divulgation de données médicales privées. Pour Ousmane Sonko, il s'agit d'une question de souveraineté et d'ordre public : l'État doit rester le seul arbitre et le seul gardien des informations sensibles, loin de l'agitation des tribunaux médiatiques.
