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Retrait du titre de la CAN 2025 : La riposte judiciaire du Sénégal devant le TAS

SPORT
Vendredi 27 Mars 2026

Réunie à Paris ce jeudi 26 mars 2026, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a déployé son armada juridique pour contester le retrait de sa couronne continentale par la CAF au profit du Maroc. Entre dénonciation d’une « décision fantôme » et menace sur l'éthique sportive, le feuilleton ne fait que commencer.

Près de dix jours après le séisme provoqué par la Confédération africaine de football (CAF), la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre-attaque. Elle a dépêché dans la capitale française un pôle d’avocats internationaux — sénégalais, français, suisses et espagnols — pour justifier le dépôt de son recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne.

Le rappel des faits : de la pelouse aux cabinets d’avocats
Pour comprendre ce litige inédit, il faut remonter au 17 mars. Deux mois après le sacre des Lions de la Teranga sur le terrain, le jury d’appel de la CAF décide de leur retirer la coupe pour l'attribuer au Maroc, finaliste malheureux et pays hôte du tournoi. L’instance continentale a ainsi donné raison à la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), qui plaidait le forfait après l’arrêt momentané du jeu par les Sénégalais durant la finale.

Lors de ce match sous haute tension, marqué par des heurts en tribunes, les joueurs sénégalais avaient brièvement quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé à Brahim Diaz, juste après l'annulation d'un but sénégalais. Sous l'impulsion de Sadio Mané, l'équipe était revenue sur le terrain pour s'imposer lors des prolongations grâce à Pape Gueye.

Si le jury de première instance de la CAF avait débouté le Maroc — estimant qu’un abandon temporaire ne constituait pas un forfait —, le jury d’appel a totalement renversé la vapeur. Un précédent dangereux pour la défense sénégalaise.
« La décision du jury d’appel ne peut pas être considérée comme une vraie décision de justice sportive, tellement elle est grossière, absurde et irrationnelle », a fustigé maître Seydou Diagne, coordinateur du collectif des avocats de la FSF. « Si le monde du football laisse faire (…), le vainqueur de la prochaine Coupe du monde de football pourrait également se décider dans les cabinets d’avocats. »

Un procès d’appel opaque et contesté
Au-delà du fond, la FSF s'insurge contre la forme du procès d'appel. Seuls cinq des neuf membres du jury y ont siégé, dont le président de la Fédération tunisienne de football, Moez Ben Tahar Nasri, réputé proche de l'appareil dirigeant marocain. Maître Seydou Diagne dénonce un "procès expéditif" et pointe du doigt le fait que la CAF n'a toujours pas fourni les motivations écrites de sa sentence.

De son côté, l'avocat suisse Serge Vittoz balaie d'un revers de main la légitimité de cette sanction :

La Fédération sénégalaise de football est « juridiquement toujours championne d’Afrique », a rappelé l'avocat helvète, fustigeant une « décision fantôme ».

L'opacité de ce verdict pousse le conseil sénégalais à vouloir creuser sous la surface politique du football africain.
« Ce que veulent nos adversaires c’est une médaille empoisonnée. Nous allons en chercher les causes et les raisons », a martelé le célèbre avocat français Maître Pierre-Olivier Sur.

Ce dernier a également profité de la tribune pour alerter sur le sort des 18 supporters sénégalais arrêtés le soir du match et toujours écroués au Maroc, dénonçant un "acharnement du parquet marocain".

Contre-la-montre juridique avant le Mondial 2026
Désormais, les regards sont tournés vers Lausanne. En temps normal, une procédure devant le TAS dure entre neuf et douze mois. Mais l'imminence de la Coupe du monde 2026 (qui débute le 11 juin au Mexique) pousse la FSF à exiger une procédure accélérée pour vider le contentieux en deux mois. Pour ce faire, il faudra toutefois obtenir le consentement de la CAF et de la FRMF.

En attendant le verdict des juges suisses, l'équipe nationale du Sénégal s'apprête à défier le Pérou en match amical au Stade de France, ce samedi 28 mars. Une rencontre qui devait initialement servir de communion et de célébration du titre avec la diaspora africaine de Paris. Les Lions oseront-ils brandir le trophée physique devant le public malgré la décision de la CAF ? Le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a préféré botter en touche avec le sourire :
« Il n’y a pratiquement pas de changement sur le programme. Les joueurs sont extrêmement motivés », a-t-il affirmé, promettant du « beau spectacle » et de « l’engagement », avant de lancer : « Rendez-vous au stade le 28 ».

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