D’un ton ferme, Thierno Alassane Sall a interpellé les autorités sénégalaises sur ce qu'il considère comme une gestion désastreuse des deniers publics. Pour le parlementaire, l'heure est à la transparence dans ce qu'il convient désormais d'appeler « l'affaire Aser ».
« 37 milliards décaissés, mais où est Jose ? »
Au micro de nos confrères, TAS a insisté sur le rôle central d’un homme d’affaires étranger dans ce dossier : José Ángel González Tausz, patron de l'entreprise AEE POWER.
« Il faut que l'on nous dise où sont passés les 37 milliards de FCFA décaissés et remis à cet Espagnol », a-t-il martelé.
Le député s'étonne du silence assourdissant de ce dernier : « L'Espagnol ne s'est jamais prononcé, et il n'est même plus au Sénégal alors que l'argent, lui, est introuvable ».
Il dénonce également une anomalie judiciaire : « Ce sont les avocats de l'ASER qui défendent ce prestataire au niveau de la Cour Suprême pour faire lever la suspension du marché par l'Arcop ».
Un bilan de terrain jugé dérisoire
Face aux chiffres officiels, Thierno Alassane Sall oppose une réalité de terrain bien plus sombre.
« On nous parle de 32 villages électrifiés alors que l'argent décaissé devait en couvrir bien plus sur les 600 prévus initialement », s'insurge-t-il.
Il a souligné que sur un contrat de trois ans, l'entreprise n'aurait réalisé que 40 villages en 15 mois, sur un total ambitieux de 1 740 villages annoncé par certaines sources.
« Nous nous sommes rendus à Kédougou et à Tambacounda : en dix jours, nous n'avons vu aucune réalisation concrète dans ce sens », a témoigné l'ancien ministre.
L'impuissance ou le refus du DG de l'ASER ?
Le député n'a pas épargné la direction actuelle de l'agence. Selon ses propos, le DG de l'ASER, Jean Michel Sène, se dédouanerait de toute responsabilité concernant la traçabilité de ces fonds.
« Le DG a déclaré que ce n'est pas à lui d'éclairer sur les 37 milliards, alors qu'il est l'ordonnateur principal et l'autorité contractante de ce marché par entente directe », a rapporté Thierno Alassane Sall.
Pour TAS, ce dossier est le symbole d'un système qui doit cesser : « Les autorités communiquent beaucoup, mais elles ne vous diront jamais où sont passés ces 37 milliards ».

