Le réquisitoire introductif du Procureur financier retient une série de chefs d'accusation particulièrement lourds : détournement de deniers publics (estimé précisément à $5\,011\,088\,987$ FCFA), escroquerie sur les deniers publics, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.
Une avance de démarrage et un « différentiel » dans le viseur
L'enquête, menée par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d'être transmise au parquet financier, met en lumière des mouvements de fonds jugés hautement suspects dans le cadre du marché public d'acquisition des bracelets électroniques.
L'accusation reproche principalement à l'inspecteur Seydi :
- L'avance de démarrage : Le versement d'une somme de $1\,377\,900\,000$ FCFA à l'entreprise prestataire (Ccdoc).
- Le « gap » financier : Un différentiel non justifié de $3\,633\,188\,987$ FCFA.
Le mystère des 648 bracelets électroniques « manquants »
Au-delà des flux financiers, c'est l'inventaire matériel qui s'est retrouvé au centre des interrogations des enquêteurs. La DIC avait initialement constaté une incohérence flagrante : sur les 2 000 bracelets officiellement déclarés comme livrés, seuls 1 352 unités étaient physiquement enregistrées au Centre de surveillance, laissant un trou béant de 648 appareils.
La ligne de défense de l'inspecteur : Lors de son face-à-face avec les enquêteurs, Moussa Seydi a affirmé avoir conservé 610 bracelets directement dans son propre bureau. Selon lui, ces équipements avaient été réceptionnés sur le plan matériel, mais leur transfert administratif et formel vers la Division de la sécurité pénitentiaire n'avait pas encore été finalisé.
Si l'on comptabilise ces 610 unités, l'écart se réduit à 38 bracelets manquants, représentant tout de même une contrevaleur financière estimée à plus de 78 millions de FCFA. De son côté, le directeur de la société prestataire a dégagé sa responsabilité, affirmant avoir livré l'intégralité de la commande et que la gestion des stocks incombait dès lors exclusivement à l'administration.
Face à des charges jugées insuffisantes par les avocats de la défense mais jugées assez lourdes par le Pool judiciaire financier pour ordonner l'incarcération, l'instruction devra désormais faire toute la lumière sur la traçabilité de ces millions et l'effectivité des livraisons.
