Un manifeste qui ravive les fractures internes
À l’origine de la polémique : la diffusion, dans un groupe WhatsApp interne, du manifeste « Doundeul PS », un texte soutenu par des responsables favorables à une dynamique de réforme du parti. Le partage de ce document par Juliette Zinga, ancienne députée, aurait provoqué une réaction immédiate de la présidente de l’Union régionale de Dakar, Aïda Sow Diawara, qui a décidé de la retirer du groupe. Un geste qui a rapidement fait monter la tension.
Juliette Zinga dénonce une atteinte à ses droits
Selon la même source, Juliette Zinga a aussitôt saisi le Secrétariat exécutif national (SEN) pour dénoncer ce qu’elle considère comme une atteinte à ses droits au sein de l’instance.
Très remontée, l’ancienne parlementaire aurait adressé de vifs reproches à Aïda Sow Diawara, affirmant qu’elle disposait des mêmes droits de publication dans le groupe et qu’elle n’avait pas à demander une autorisation préalable pour partager un texte politique.
Elle aurait également insisté sur le fait que les militantes restaient libres d’adhérer ou non à l’initiative, estimant que celles qui n’étaient pas intéressées pouvaient simplement ignorer le manifeste.
Le conflit déborde sur la gestion interne et financière
La dispute ne s’est pas limitée à la question du manifeste. Juliette Zinga aurait également mis en cause la gestion interne de l’Union régionale des femmes, en accusant Aïda Sow Diawara d’être à l’origine de nombreuses tensions entre responsables féminines du parti.
Elle a aussi évoqué l’organisation d’une conférence religieuse, rappelant qu’un financement de deux millions de francs CFA aurait déjà été reçu, en plus d’un reliquat disponible dans la caisse. Des propos qui déplacent le débat du terrain politique vers celui de la gouvernance interne et de la transparence.
Aïda Sow Diawara assume sa décision
De son côté, Aïda Sow Diawara, ancienne mairesse de Golf Sud, assume pleinement sa décision de retirer Juliette Zinga du groupe. Citée par Les Échos, elle explique avoir agi pour éviter que les tensions politiques internes au PS ne contaminent davantage le cadre d’échange des femmes du parti.
Elle dit vouloir préserver l’espace des militantes de querelles qu’elle juge nuisibles à la cohésion.
Sur la question de l’événement religieux et des soupçons sur la gestion des fonds, elle a tenté de calmer les esprits en promettant de convoquer une réunion la semaine prochaine afin de faire le point sur l’organisation.
Un épisode révélateur des tensions au sein du PS
Cet incident, en apparence limité à un groupe WhatsApp, révèle en réalité des fractures plus profondes au sein du Parti socialiste, où les débats sur le renouvellement, les réformes internes et les équilibres de pouvoir continuent de susciter de fortes résistances.
Le manifeste « Doundeul PS » apparaît ainsi comme un catalyseur de tensions déjà existantes, notamment dans les structures intermédiaires du parti. Reste à savoir si le SEN parviendra à désamorcer cette crise avant qu’elle ne s’élargisse davantage.
