Alors que l'annonce de ce retour suscite de vifs débats au sein de l'opinion publique, l'ancien régime étant régulièrement pointé du doigt par les nouvelles autorités pour les violences politiques survenues entre 2021 et 2024, le gouvernement a tenu à rassurer.
Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, s'est voulu catégorique et apaisant quant à la sécurité et au statut juridique de l'ex-président :
« Le président Macky Sall ne fait l'objet d'aucune accusation, d'aucune poursuite encore moins d'aucune condamnation. Il est citoyen de ce pays. Il a le droit d'entrer et de sortir du territoire. Et le président de la République, en tant que gardien de la Constitution, s’inscrit dans ce sens. »
Yankhoba Diémé a également précisé que cette démarche d’ouverture et de respect des institutions a été chaleureusement saluée par la CEDEAO, qui a magnifié l’approche républicaine de l’exécutif sénégalais.
Plus de deux ans après avoir quitté le pouvoir et le territoire national, l'ancien président de la République, Macky Sall, s'apprête à effectuer un retour éclair au Sénégal ce vendredi 17 juillet 2026.
Au cœur de cette visite de quelques heures figure une audience solennelle avec son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye.
Une visite hautement stratégique qui intervient alors que l'ancien chef de l'État mène une campagne diplomatique intense à l'échelle mondiale pour briguer le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
L'enjeu onusien : Obtenir enfin le soutien officiel du Sénégal
Cette audience entre Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur revêt un enjeu diplomatique crucial. Bien qu’il ait entamé son grand oral devant les Nations Unies à New York en avril dernier et qu'il multiplie les rencontres avec les dirigeants européens et américains, la candidature de Macky Sall souffre d'un handicap de taille : elle n'a pas été officiellement soumise ni soutenue par son propre pays.
C'est le Burundi, sous sa présidence tournante de l'Union africaine, qui a porté le dossier de l'ancien président sénégalais sur la scène internationale, tandis que le tandem Diomaye-Sonko s'était jusque-là illustré par une prudente réserve sur cette question.
Ce tête-à-tête à l'avenue Léopold Sédar Senghor sera l'occasion pour Macky Sall de solliciter de vive voix l'appui institutionnel de l'État du Sénégal, une démarche indispensable pour maximiser ses chances de succéder à António Guterres.
Un agenda millimétré
Preuve du caractère exclusivement diplomatique et non partisan de ce déplacement, la visite de Macky Sall sera d'une brièveté inédite:
- 15h00 : Atterrissage de son vol en provenance de Londres.
- 16h00 : Audience présidentielle avec le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye.
- 18h00 : Décollage immédiat en direction des États-Unis pour poursuivre son marathon diplomatique.
