Une onde de choc secoue le secteur des télécommunications au Sénégal. Le ministère chargé des Télécommunications vient de lancer un avis d’appel à candidatures officiel pour le recrutement d’un nouveau Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP).
Une décision surprenante, alors que le titulaire actuel en exercice, Dahirou Thiam, un proche d’Ousmane Sonko, continue de mener ses activités à la tête du régulateur.
C’est un pavé dans la mare qui suscite de nombreuses interrogations dans les cercles politiques et économiques. Comment expliquer l'ouverture d'un processus de recrutement pour un poste stratégique dont le titulaire est toujours en fonction et n'a pas démissionné?
Les dessous d'une décision hautement politique
Le lancement de cet appel à candidatures, diffusé à grande échelle sur l'ensemble des canaux de communication de l'État, ne relève visiblement pas d'une erreur administrative.
Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce procédé inhabituel. Une clause statutaire ou une obligation réglementaire méconnue qui impose la mise en compétition périodique du poste.
L'amorçage d'un remplacement pur et simple de Dahirou Thiam. Dans le contexte actuel de fortes tensions internes au sein de la coalition au pouvoir, écarter un proche d'Ousmane Sonko de la direction du très lucratif régulateur des télécoms pourrait s'apparenter à un nouveau signal de rupture envoyé par le palais présidentiel.
Le silence de la tutelle alimente les rumeurs
Pour l'heure, le ministère de tutelle et l'ARTP observent un mutisme complet sur les motivations réelles de cette procédure et sur le sort qui sera réservé à Dahirou Thiam.
Le Directeur général en exercice choisira-t-il de postuler à sa propre succession pour légitimer son fauteuil, ou cette annonce acte-t-elle discrètement la fin de son aventure à la tête du gendarme des télécoms ? Les prochains jours s'annoncent décisifs pour l'avenir de la régulation numérique au Sénégal.

