La tension est montée d'un cran mercredi dans l'espace deophones de l'Afrique de l'Ouest. C'est par la voix de Fernando Vaz, porte-parole du Conseil national de transition (CNT) bissau-guinéen, que la rupture a été officialisée, comme le rapporte le site d'information privé Capital News.
« Personne ne nous dicte notre conduite »
Le pouvoir de transition à Bissau n'a pas caché sa colère face à l'attitude de son voisin insulaire. S'exprimant avec fermeté, Fernando Vaz a dénoncé une intrusion caractérisée dans la souveraineté nationale :
« Nous exigeons le respect. La Guinée-Bissau est libre, et personne ne nous dicte notre conduite. »
Le porte-parole du CNT est allé encore plus loin dans l'escalade verbale en accusant directement le gouvernement cap-verdien de s'aligner sur des intérêts étrangers, affirmant que Praia recevait « des ordres directs de la part du Portugal », l'ancienne puissance coloniale commune aux deux nations.
L'étincelle : L'arrestation de l'opposant Domingos Simões Pereira
Cette rupture diplomatique brutale intervient au lendemain d'une prise de position publique très remarquée du Premier ministre du Cap-Vert, Francisco Carvalho. Ce dernier avait exprimé sa vive préoccupation concernant l'arrestation de Domingos Simões Pereira, figure majeure de l'opposition en Guinée-Bissau, tout en exigeant sa libération immédiate.
Cette exigence de libération a été perçue par la junte au pouvoir à Bissau comme une provocation et une interférence « intolérable » dans son système judiciaire et politique interne. En décidant de geler ses liens avec Praia, le gouvernement de transition bissau-guinéen envoie un signal de fermeté à ses partenaires régionaux, quitte à fragiliser un peu plus la cohésion au sein de la communauté des pays de langue portugaise (CPLP).
