Le « Président prédestiné » face à la réalité des textes
Utilisant une formule choc, Yoro Dia dépeint un Ousmane Sonko désemparé, qu’il qualifie de « Président prédestiné ». Selon l'ancien ministre, le leader de la majorité aurait « naïvement découvert » que les leviers de la justice ne s'actionnent pas sur simple commande politique.
« Celui qui se croyait Président prédestiné n’y croit plus depuis qu'il a découvert que notre justice n’écrit pas sous la dictée de l’exécutif », a-t-il martelé sur les réseaux sociaux.
Pour le Dr Dia, cette résistance des magistrats est une source de « fierté » nationale, prouvant que l'institution judiciaire reste le dernier verrou de l'État de droit face aux velléités de contrôle du nouveau pouvoir.
« Justice n'est pas vengeance »
Le point de friction majeur réside, selon l'ancien collaborateur de Macky Sall, dans la confusion des genres. Yoro Dia accuse ouvertement le camp au pouvoir de vouloir transformer l'appareil judiciaire en outil de règlement de comptes politiques.
En affirmant que la justice sénégalaise refuse de s'associer à un « agenda de vengeance systémique », il pose une ligne rouge claire. Sa conclusion, sous forme de sentence, sonne comme un avertissement : « Justice n'est pas vengeance. »
[Image d'illustration : Les balances de la justice devant le Palais de Justice de Dakar]
Un climat de confrontation croissante
Cette sortie de Yoro Dia intervient dans un contexte où les relations entre le Conseil Supérieur de la Magistrature et le pouvoir exécutif font l'objet de toutes les attentions. Elle illustre la stratégie de l'ancienne majorité consistant à se positionner en défenseur des institutions face à ce qu'ils décrivent comme une dérive autoritaire du duo Diomaye-Sonko.
