Le Sénégal a perdu, le mercredi 7 janvier 2026, deux figures majeures du savoir et de la vie publique : le professeur Albert Bourgi, spécialiste de droit public et des relations internationales, et le professeur Seydou Madani Sy, juriste, ancien recteur et ancien ministre.
Albert Bourgi, une voix académique influente entre Afrique et Europe
Décédé en France le 7 janvier 2026, Albert Bourgi était reconnu comme un professeur émérite de droit public, engagé intellectuellement et très présent dans le débat public sur l’Afrique, les institutions et les relations internationales. Des hommages ont rappelé son rôle de “passeur” entre continents, apprécié pour sa capacité à décrypter les dynamiques politiques africaines et à dialoguer avec de nombreuses figures politiques du continent.
Sa disparition est largement perçue comme celle d’un universitaire dont la parole dépassait l’amphithéâtre : un professeur régulièrement sollicité pour analyser, expliquer, mettre en perspective — et dont l’influence s’est exercée autant par l’enseignement que par l’intervention médiatique.
Seydou Madani Sy, bâtisseur de l’université sénégalaise et grand serviteur de l’État
Le même jour, à Dakar, s’est éteint Seydou Madani Sy, présenté comme premier recteur sénégalais de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) et figure centrale des premières décennies de l’enseignement supérieur post-indépendance.) Son parcours illustre une trajectoire rare : universitaire de haut niveau (doctorat en droit, agrégation de droit public), il a ensuite exercé d’importantes responsabilités publiques, notamment comme ministre de la Justice et Médiateur de la République.
Les réactions officielles ont salué un homme d’État et de savoir. Le président Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à un « grand serviteur de l’État », adressant ses condoléances à la famille et aux communautés universitaire et judiciaire.
Un choc symbolique pour l’espace intellectuel sénégalais
Ces deux décès, survenus à quelques heures d’intervalle, résonnent comme une perte double : celle d’un commentateur et enseignant influent sur les enjeux africains (Albert Bourgi) et celle d’un architecte institutionnel de l’université et du service public sénégalais (Seydou Madani Sy).
Au-delà des hommages, c’est la question de la relève des grandes figures de référence — capables à la fois de produire du savoir, de le transmettre et d’éclairer le débat public — qui s’invite dans les réactions, tant dans les médias que sur les réseaux sociaux.

