Selon des informations rapportées par Libération, le décès serait intervenu à l’intérieur du campus. Des responsables estudiantins évoquent une intervention musclée dans le cadre des tensions liées aux manifestations. À ce stade, les circonstances exactes restent au cœur de demandes pressantes de clarification.
Une réaction politique : Alioune Sarr appelle à la vérité et à l’apaisement
Dans un communiqué, le parti Alliance pour le Sénégal / Andando Ngir Senegaal, par la voix de son président Alioune Sarr, exprime sa “profonde tristesse” et présente ses condoléances à la famille de l’étudiant, à ses camarades et à la communauté universitaire.L’ancien ministre qualifie le décès d’“un drame national” et estime qu’il “interpelle la conscience collective” et impose “retenue, vérité et responsabilité”. Il rappelle également que “la vie humaine est sacrée” et que l’université doit rester “un sanctuaire de savoir, de dialogue et de citoyenneté”.
Alioune Sarr demande un établissement rapide et transparent des faits, pour faire la lumière sur le décès ; un apaisement immédiat via la reprise d’un dialogue entre autorités, administration universitaire et représentants des étudiants ; des réponses structurelles sur les bourses, les conditions de vie et d’études.
Les organisations de droits humains dénoncent une force “excessive” et réclament une enquête indépendante
De leur côté, plusieurs organisations de défense des droits humains — Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest, RADDHO, AfrikaJom Center, LSDH et Amnesty International Sénégal — ont publié un communiqué conjoint condamnant ce qu’elles décrivent comme un usage “excessif de la force”.Elles réclament une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances du décès ; le respect de l’autonomie universitaire, avec un appel au retrait des forces de sécurité des campus et à la libération des étudiants arrêtés, en référence au cadre légal applicable.
Bourses, réformes et crise de confiance : la racine du conflit
Le drame survient dans un contexte de tension autour des retards de paiement des bourses et de réformes jugées défavorables par certaines amicales. Plusieurs voix universitaires estiment que la crise ne peut être traitée par la seule réponse sécuritaire.Dans une tribune, le Pr Amath Ndiaye (FASEG) insiste sur la nécessité de replacer le débat sur le terrain social : maintenir l’ordre public, oui — mais sans que la sécurité ne remplace le dialogue. L’économiste relie la fragilisation des dépenses sociales à des contraintes budgétaires plus larges, et souligne l’impact symbolique des choix de dépenses publiques dans un climat social tendu.

