Dans le même temps, des voix critiques – notamment sur les réseaux sociaux – dénoncent l’idée même que Dakar puisse soutenir une telle ambition, au nom du bilan politique et sécuritaire de l’ancien chef de l’État.
Un ancien président tourné vers l’international… et absent du pays
Depuis la fin de son mandat en 2024, Macky Sall apparaît engagé dans une trajectoire internationale : participation à des conférences, présence dans des cercles de réflexion, interventions lors de sommets, et positionnement sur des sujets globaux.
Dans un entretien accordé à un média international, il justifie aussi sa distance avec Dakar en invoquant une “tradition républicaine” voulant qu’un ancien président prenne du recul pour laisser agir les nouvelles autorités.
Ce choix nourrit cependant une double lecture au Sénégal . Pour ses partisans, il s’agit d’une stratégie logique de reconversion et d’influence.
Pour ses détracteurs, cette “carrière internationale” est perçue comme une manière d’éviter le débat national ou de se reconstituer une légitimité hors du pays.
Sur Facebook, des publications très partagées, comme celles de Guy Marius Sagna et Seydi Gassama s’attaquent frontalement à l’idée d’un soutien du Sénégal à Macky Sall pour l’ONU.
Ils estiment qu’un appui officiel reviendrait à “trahir” la mémoire des victimes de violences politiques et à envoyer un mauvais signal aux défenseurs des libertés.
Leur message est clair : une candidature à la tête des Nations unies ne peut pas être dissociée du bilan national, en particulier sur les questions de droits humains, de libertés publiques et de gestion des crises.
À l’inverse, les soutiens potentiels feraient valoir que la fonction onusienne obéit à des logiques diplomatiques où l’expérience, les réseaux et l’exposition internationale comptent.
Un ancien chef d’État peut prétendre à un rôle global, indépendamment des controverses internes.
Une candidature encore floue, mais déjà un test politique
À ce stade, l’élément central est moins une candidature formellement déposée (qui suit un calendrier et des procédures internationales) que le signal politique : la simple hypothèse suffit à polariser.
Pour le pouvoir actuel, l’équation est délicate, soutenir serait explosif en interne mais ne pas soutenir pourrait ouvrir un front diplomatique ou partisan, selon la tournure que prendra l’affaire.

