Un contrat de 250 milliards, 75 milliards déjà payés
Au cœur du dossier : un contrat signé en novembre 2020, présenté comme une “location-vente adaptée”, d’un montant total de 250 milliards de FCFA. Le programme prévoit la construction de 69 blocs de bâtiments, des réseaux divers, ainsi qu’un hôpital à Ourossogui.Dans un document daté du 15 décembre 2025, le ministre dresse un constat sévère : selon lui, l’État a déjà réglé les trois premières échéances, soit 75 milliards de FCFA, mais l’avancement des travaux ne suit pas.
Tranche 1 en difficulté : Sébikhotane et Fatick pointés du doigt
Les chantiers jugés prioritaires dans la Tranche 1 accusent, d’après le ministère, un taux d’exécution des gros œuvres “relativement faible”, notamment :- le Camp pénal de Sébikhotane
- la Maison d’arrêt de Fatick
Au-delà des retards physiques, Déthié Fall pointe de graves insuffisances sur la dimension “Justice numérique”, à partir de remontées de la Direction de la dématérialisation. Plusieurs juridictions seraient concernées : Pikine, Guédiawaye, Rufisque, Tivaouane, Diourbel, Fatick.
Parmi les anomalies citées :
- absence totale de téléphonie interne
- défaut d’équipements réseaux (switchs)
- défaillances récurrentes des onduleurs dans les salles serveurs
Un ultimatum, malgré une relation déjà judiciarisée
Dans sa mise en demeure, le ministre exige une reprise immédiate des chantiers prioritaires et une mise en service complète des équipements manquants ou défectueux. Le ton est celui de l’ultimatum : faute de réponse jugée satisfaisante, l’État menace d’activer des sanctions contractuelles et réglementaires.Mais cette posture soulève une tension de fond : comment exiger la relance d’un projet quand les relations entre les parties sont déjà “gelées” par des contentieux judiciaires au PJF ? Le gouvernement semble vouloir dissocier deux impératifs : d’un côté, la continuité du service public (la justice et ses infrastructures) ; de l’autre, la poursuite des responsabilités éventuelles devant les juridictions compétentes.
Avec cette mise en demeure, l’État pose un jalon clair : soit Ellipse Projects se remet à niveau rapidement, soit le dossier bascule vers des mesures coercitives (pénalités, résiliation, réaménagement contractuel, voire contentieux accru). Dans tous les cas, l’enjeu dépasse un prestataire : il touche à la crédibilité de la modernisation judiciaire et à la capacité de l’État à sécuriser l’exécution de contrats publics stratégiques, surtout lorsqu’ils deviennent judiciairement sensibles.

