Gestion du Covid-19: la success story du Sénégal

SANTE
Vendredi 6 Novembre 2020

Bien qu'il ne compte que sept médecins pour 100 000 habitants, le Sénégal a été largement salué pour sa gestion de la pandémie de coronavirus.

Voici comment le pays a réussi à maîtriser le Covid-19.

"Lorsque le premier cas est apparu, nous étions très anxieux et j'étais en colère parce que c'était un cas importé", explique le Dr Khardiata Diallo, qui coordonne le centre de traitement de l'épidémie à l'hôpital de Fann dans la capitale, Dakar.

"Nous nous inquiétions du manque d'équipement dédié au traitement du coronavirus, il n'y avait que 12 lits avec un approvisionnement limité en oxygène pour tout le pays".


Fin février, un Français est rentré à Dakar après des vacances au ski, avec de la fièvre, un mal de gorge et un mal de tête.

Il s'agissait du premier cas de Covid-19 au Sénégal, le deuxième signalé en Afrique subsaharienne.

Dr Diallo, qui faisait partie de l'équipe qui a traité le seul cas d'Ebola du pays lors de l'épidémie ouest-africaine en 2014 ainsi que d'autres épidémies de choléra au cours des 15 dernières années, savait qu'il fallait agir rapidement pour contenir la pandémie.

Tests gratuits en 24 heures

Ses collègues du prestigieux Institut Pasteur de Dakar, qui était en février l'un des deux seuls laboratoires d'Afrique à pouvoir effectuer des tests de dépistage des coronavirus, ont formé le personnel de dizaines d'autres pays à la réalisation de ces tests.


En avril, 43 pays du continent africain étaient en mesure de diagnostiquer efficacement la Covid-19.

Aujourd'hui, le laboratoire situé dans le quartier du Plateau de Dakar fonctionne 24 heures sur 24 et les tests ont été étendus à tout le pays.

Les tests pour les personnes présentant des symptômes sont gratuits et les résultats sont publiés en huit heures.


Bien que la faiblesse des taux de dépistage sur le continent suscite des inquiétudes, le Centre africain pour le contrôle des maladies aide les pays à augmenter le nombre de tests. Il est espéré que des kits de d'Auto-diagnostic bon marché pourraient contribuer à cet effort.

L'Institut Pasteur joue un rôle crucial dans le domaine, son virologiste en chef Amadou Sall, s'est associé à la société britannique Mologic pour mettre au point deux kits de test à domicile :

  • L'un pour tester si une personne est actuellement porteuse du virus, similaire aux tests PCR par écouvillonnage actuellement utilisés en laboratoire.
  • L'autre pour vérifier si quelqu'un a développé des anticorps contre le coronavirus à partir d'une infection antérieure.

Selon le Dr Sall, la fabrication des tests d'anticorps a déjà commencé et ils devraient être mis sur le marché dans les prochaines semaines.

Il fonctionnera comme un test de grossesse, coûtant près d'un dollar et donnant des résultats en 10 minutes seulement.

Le test à domicile qui montrera si une personne est actuellement atteinte d'un coronavirus a été retardé et est actuellement en cours de validation par l'école de médecine tropicale de Liverpool, mais on espère qu'il sera encore disponible avant la fin de l'année.

Des niveaux de tests plus élevés devraient également permettre un diagnostic précoce.


Ibrahima Diop, un télévendeur de 29 ans de Dakar, est tombé malade en avril et a d'abord été traité pour le paludisme.

Ce n'est que sur l'insistance de sa mère, qui travaillait dans un hôpital, qu'il a été testé et diagnostiqué pour le coronavirus - avec 60 de ses collègues du centre d'appel.

Son cas a montré la nécessité de faire des tests dans un pays où les symptômes peuvent facilement être confondus avec le paludisme, ce que les autorités ont souligné lors de leurs briefings quotidiens sur le coronavirus, diffusés chaque matin à la télévision.

Chanter pour vaincre le virus

Un indice global de la gestion de la Covid-19, établi par le magazine Foreign Policy, a donné au Sénégal la meilleure note possible pour sa stratégie de communication - de grandes figures musicales se sont également joints à l'effort d'information.

En avril, ils se sont réunis pour sortir Daan Corona, qui signifie "Vaincre le coronavirus" en langue wolof locale.

La chanson met en scène le célèbre musicien sénégalais Youssou Ndour, qui appelle les gens à rester chez eux et à se laver les mains.


Il y a également des fresques murales colorées à la plus ancienne université du Sénégal, appelant les étudiants à partager les bonnes techniques de prévention des coronavirus avec leurs camarades de classe,


De l'autre côté de la route, on peut voir les bassins bleus qui ont été installés pour le lavage des mains dans certains lieux publics.

Dans les premiers jours de la pandémie, des mesures préventives ont été mises en place, notamment l'état d'urgence, la fermeture totale des écoles et un couvre-feu nocturne

Les restaurants, les supermarchés et les banques ont rapidement introduit des contrôles de température à leurs entrées.

Si cette règle a été largement assouplie, dans les rues de Dakar, les masques sont toujours obligatoires, une règle qui a été introduite dès le mois d'avril.

Aujourd'hui, les 14 régions du Sénégal sont toutes équipées pour traiter les patients atteints de coronavirus et il ne reste plus que 26 patients sous respirateur dans tout le Sénégal.
 

Dans le service de traitement du coronavirus de l'hôpital de Fann de Dakar, Dr Oumar Kane surveille son dernier patient coronavirus sous assistance respiratoire.

Le patient de 58 ans y est traité depuis un peu plus d'une semaine - il est diabétique.

Afin de réduire les contacts, les caméras du service sont reliées à un écran de télévision à l'extérieur.


Mais en mars dernier, lorsque les cas ont commencé à augmenter au Sénégal, le Dr Kane se souvient d'une situation très différente.

"Le problème était que nous n'avions que 10 lits avec des respirateurs et il y avait des moments où on était surchargé, ce qui signifiait que nous recevions des appels demandant un lit et que nous ne pouvions pas recevoir le patient.

"Cette demande a continué pendant environ trois semaines, jusqu'à ce que d'autres hôpitaux soient équipés."

 

Le nombre de cas quotidiens enregistrés a globalement diminué depuis la mi-août.

Le Sénégal, qui compte 16 millions d'habitants, n'a enregistré que 15 000 cas positifs et un peu plus de 300 décès.

Sa stratégie pour contenir le virus s'est adaptée et de nombreux patients présentant des symptômes légers sont désormais traités à domicile, le personnel hospitalier surveillant leur état à distance et leur délivrant des médicaments.

Le défi du pèlerinage musulman

Lors de la réouverture des vols internationaux en juillet, on a craint un pic dans le nombre de cas.

Le Sénégal, comme de nombreux autres pays africains, a demandé aux visiteurs de produire un certificat de test Covid-19 négatif, daté d'une semaine au plus avant le voyage.

 

À l'arrivée, les passagers se font prendre leur température. Jusqu'à présent, ces mesures semblent avoir fonctionnées, avec un faible niveau de cas importés.

Cette semaine, quatre millions de personnes devraient assister au plus grand festival annuel du pays, le Grand Magal de Touba.

Il s'agit d'un pèlerinage historique à Touba, qui se trouve à 190 km à l'est de Dakar et qui est le foyer spirituel de la confrérie musulmane Mouride.

Les pèlerins font la queue pendant des heures dans les rues de la ville pour se rendre à la Grande Mosquée et au mausolée du fondateur de la confrérie.

Alors que des affiches dans la capitale montrent le chef de la communauté appelant les fidèles à porter des masques, le rassemblement d'un si grand nombre de fidèles en un même lieu sera un test crucial alors que le pays cherche à maintenir les progrès réalisés jusqu'à présent.


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