Présent au Maroc durant toute la compétition pour soutenir les Lions de la Teranga, l'ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye a réagi ce dimanche, lors de l'émission "Point de vue" sur la RTS, aux lourdes sanctions infligées à ses compatriotes. Les 18 supporters interpellés en marge de la finale opposant le Sénégal au Maroc ont en effet écopé de peines allant de trois mois à un an de prison ferme, assorties d'amendes.
Des sanctions jugées « très sévères »
S'il condamne fermement les débordements survenus lors de cette finale, Aly Ngouille Ndiaye rappelle le contexte de la rencontre. Après avoir salué le soutien du public marocain tout au long du tournoi, il reconnaît que l'atmosphère de la finale était naturellement différente.
« Naturellement, on pouvait s’attendre à ce que les Marocains ne soient pas avec nous ce jour-là. Mais je ne pensais pas qu’il pouvait y avoir un tel dérapage », a-t-il souligné, précisant que la frustration générée par certaines décisions arbitrales a pu contribuer à envenimer la situation. Toutefois, face à l'ampleur des condamnations et après de multiples reports du procès, son constat est sans appel : « Je pense que c’est trop pour les Sénégalais ».
Mettre fin à la « prolongation en dehors du stade »
Pour l'ancien ministre, ces répercussions judiciaires s'apparentent à une amertume sportive qui peine à s'estomper du côté du pays hôte. Il estime que la défaite marocaine face au Sénégal « ne passe pas jusqu’à présent ».
Son message se veut donc un rappel à l'ordre sportif : « Il faut arrêter cette prolongation en dehors du stade. La CAN est terminée, le Sénégal a gagné. Le football doit rester du football ».
La carte diplomatique comme issue de secours
Sur le plan strictement juridique, la procédure suit son cours et l'État du Sénégal dispose d'un délai de dix jours pour faire appel de cette décision. Cependant, Aly Ngouille Ndiaye estime que la véritable solution se trouve ailleurs.
« Qu’il y ait appel ou non, il faut que la diplomatie commence à jouer son rôle », insiste-t-il, saluant au passage les initiatives d'apaisement déjà entreprises par les autorités sénégalaises.
Il rappelle avec force la solidité des relations entre Dakar et Rabat sur les plans politique, économique et religieux, mettant en garde contre les dangers d'un enlisement. « Il ne faudrait pas que le sport crée une tension durable entre deux pays qui entretiennent des relations extraordinaires ».
Aly Ngouille Ndiaye place ses espoirs au plus haut sommet de l'État marocain pour dénouer cette crise. Il espère que le Roi Mohammed VI aura « le dernier mot » pour permettre un retour rapide des jeunes détenus au Sénégal et refermer cette parenthèse, afin que l'amitié sénégalo-marocaine en ressorte intacte.
