Cette déclaration intervient dans un climat de tension où la pression populaire pour une criminalisation plus sévère des "actes contre-nature" ne cesse de croître, portée par divers collectifs religieux et citoyens.
Un contexte de tension : Affaires en cours et pression législative
La sortie de l'artiste ne doit rien au hasard. Elle survient alors que le pays est suspendu aux prochaines sessions parlementaires, notamment celle du 24 février, où le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu sur la question de la criminalisation.
Le Sénégal vit actuellement une période de crispation sociale sur ce dossier. Des organisations comme And Samm Jikko Yi maintiennent une veille constante, exigeant que l'article 319 du Code pénal soit durci. Les députés de l'opposition comptent interpeller le gouvernement sur sa volonté réelle de légiférer, mettant le pouvoir actuel face à ses promesses de campagne.
Un passé marqué par les polémiques et les accusations
Pour Waly Seck, cette déclaration est aussi une stratégie de défense. Par le passé, le chanteur a été la cible de virulentes critiques et d'accusations de la part de certains cercles conservateurs, qui l'accusaient de faire la promotion de "valeurs étrangères".
Rappel des faits marquants :
- L'affaire du sac à main : Il y a quelques années, une photo du chanteur arborant un sac de marque à l'esthétique jugée "féminine" avait déclenché un tollé national, forçant l'artiste à se justifier longuement.
- Le t-shirt arc-en-ciel : Puis lors d'un concert, Waly Seck avait porté un vêtement arborant des motifs colorés ressemblant au drapeau LGBT. Malgré ses explications (il s'agissait d'une pièce de haute couture sans message politique), l'affaire avait pris une telle ampleur que l'artiste avait dû présenter des excuses publiques et réaffirmer sa foi. Certains prêcheurs renommés l'avaient ouvertement critiqué, l'érigeant en symbole d'une jeunesse "en perte de repères".
En tenant des propos aussi tranchés dans "Keur Wally", Waly Seck semble vouloir se débarrasser définitivement de cette étiquette d'ambiguïté qui lui colle à la peau.
Dans un Sénégal où l'image publique est indissociable du respect des normes sociales et religieuses, le chanteur choisit le camp de la majorité pour préserver son immense base de fans et sa place sur l'échiquier culturel national.
