C’est un Premier ministre droit dans ses bottes qui a fait face aux députés. Interpellé sur l'absence de "criminalisation" (passage du délit au crime) dans le nouveau projet de loi, Ousmane Sonko a opposé une approche technique et pragmatique de la loi pénale.
La suffisance du cadre légal actuel
Pour le chef du gouvernement, la loi sénégalaise est déjà l'une des plus fermes de la région. Il a tenu à rappeler les peines encourues, soulignant que l'arsenal actuel suffit à protéger les valeurs de la société.
« On n’a pas besoin de criminaliser l’homosexualité dans la mesure où les lourdes peines de prison sont là », a-t-il affirmé.
Ousmane Sonko a détaillé les sanctions prévues par le texte qu'il porte : 5 à 10 ans de prison et des amendes allant de 2 à 10 millions de FCFA, avec une application systématique de la peine maximale en cas d'implication de mineurs. Selon lui, modifier la qualification juridique n'ajouterait rien à l'efficacité de la répression.
Au-delà de l'aspect législatif, le Premier ministre a fermement condamné les initiatives individuelles et la délation. Il a déploré la publication des statuts sérologiques et des identités de suspects, une pratique qu’il juge destructrice pour les familles et les enfants.
En réaffirmant que ces questions relèvent « exclusivement de l’État et des institutions compétentes », Ousmane Sonko a sifflé la fin de l’activisme moral, préférant une justice institutionnelle, discrète mais sévère, à l’agitation médiatique.
