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SEDIMA : Babacar Ngom renonce à 80 hectares à Mbour “au profit de l’État du Sénégal”

SOCIETE
Vendredi 30 Janvier 2026

Dans un communiqué rendu public ce mercredi, Babacar Ngom, président fondateur du Groupe SEDIMA, annonce avoir renoncé volontairement au titre foncier d’une superficie de 80 hectares située dans le département de Mbour, “au profit de l’État du Sénégal”.

Dans sa déclaration, le patron de SEDIMA affirme que l’entreprise demeure “le légitime propriétaire” du titre foncier, acquis “dans le strict respect des procédures légales et réglementaires en vigueur”. Mais, dit-il, face à une situation devenue “trop dure” et dans un souci “d’issue apaisée”, il choisit de s’inscrire dans une démarche “responsable” tournée vers “l’intérêt général”.

Un geste présenté comme un acte d’apaisement

Babacar Ngom explique que cette décision vise à contribuer à l’apaisement du climat social et à réaffirmer son attachement à la cohésion nationale. Le terrain est, selon le communiqué, cédé à l’État sans contrepartie, et il revient désormais aux autorités compétentes “d’apprécier souverainement la destination” à lui réserver.

Le communiqué insiste enfin sur une conviction : le développement du Sénégal reposerait d’abord sur “la paix sociale”, “l’écoute mutuelle” et un “sens élevé des responsabilités partagées”.

Rappel des faits 

Le différend foncier autour des terres de Ndingler s’inscrit dans une longue séquence marquée par des décisions administratives contestées, des tensions sur le terrain et une médiatisation croissante.

Un village, des terres et un mode de vie. Situé dans la région de Thiès, le village de Ndingler, fondé au XIXe siècle, regroupe des familles dont la survie repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. Pour les habitants, ces terres sont à la fois un moyen de subsistance, un patrimoine transmis et un élément central de l’identité communautaire.

2012 : attribution contestée de terres à SEDIMA. Selon le récit porté par les habitants et des organisations de la société civile, en 2012, les autorités de la commune voisine de Sindia auraient attribué environ 300 hectares de terres du domaine national à la société SEDIMA pour un projet de ferme agricole. Dans cet ensemble, 80 hectares seraient des terres exploitées de longue date par les habitants de Ndingler, qui affirment n’avoir pas été consultés.

2019 : un titre foncier définitif, et la revendication de SEDIMA. SEDIMA, entreprise sénégalaise du secteur agroalimentaire, indique avoir obtenu un titre foncier définitif en 2019, consolidant, selon elle, son droit d’exploitation et la régularité de la procédure.

2020–2021 : blocages et affrontements. Le conflit s’est durci à partir de 2020, lorsque SEDIMA aurait bloqué l’accès aux champs, provoquant une montée des tensions. Une médiation temporaire aurait permis aux paysans de reprendre leurs activités, mais la situation se serait à nouveau dégradée en 2021, avec une tentative de reprise des terres ayant conduit à de nouveaux affrontements entre habitants et employés de l’entreprise, selon les mêmes sources.

Décembre 2023 : mise en lumière par Amnesty International Sénégal. En décembre 2023, Amnesty International Sénégal a diffusé un film documentaire pointant les mécanismes par lesquels des terres villageoises auraient été attribuées au profit de l’entreprise, contribuant à relancer l’attention publique sur le dossier.

Une dimension humaine et symbolique forte. Pour les habitants de Ndingler (commune de Ndiaganiao), le litige dépasse la question foncière : il touche à la dignité, à la continuité d’une communauté et à la capacité de “vivre de sa terre”. Un patriarche cité dans la mobilisation résume l’enjeu en une phrase : « Je mourrais tranquille si les terres sont restituées à ma communauté ».


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