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Diaretou Madina Gaye Dieng, la dame de fer de l’« Électricité 4.0 »

PORTRAIT
Samedi 21 Février 2026

Passée par le cockpit stratégique de Sonatel avant de prendre les commandes du pôle Afrique francophone de Schneider Electric, cette ingénieure sénégalaise pur jus, formée à Harvard, pilote désormais la transition énergétique et numérique d'une soixantaine de pays depuis Casablanca.


Elle a cette voix posée de ceux qui ont l’habitude de parler aux machines avant de diriger les hommes. Depuis mars 2024, Diaretou Madina Gaye Dieng Dieng occupe l’un de ces fauteuils où l'on ne s'assoit jamais vraiment : la direction du cluster « French Speaking Africa & Islands » chez Schneider Electric. Depuis Casablanca, elle a l’œil sur un empire hétéroclite de plus de soixante pays, des sables du Maghreb aux lagunes d’Abidjan, jusqu'aux confins des Caraïbes et du Pacifique francophone. Son job ? Faire en sorte que le courant passe, mais surtout qu'il soit « intelligent ».

À l’heure où la souveraineté africaine se joue autant en kilowatts qu’en gigaoctets, sa nomination ressemble à un signal envoyé par le géant français de l'énergie. Dans ce théâtre économique, on ne vend plus de simples disjoncteurs. On installe des data centers, on numérise des usines et on rend les bâtiments « smart ». Un univers de systèmes critiques où la moindre coupure se chiffre en millions.

L’école de la Sonatel Business Solutions

Avant de devenir la vigie de Schneider, Diaretou Madina Gaye Dieng Dieng a fait ses classes dans une autre industrie de réseaux, tout aussi impitoyable : les télécoms. Vingt ans chez Sonatel/Orange, le fleuron sénégalais, où elle a grimpé les échelons comme on escalade un pylône. Arrivée en 2004, elle s'est frottée au B2B, ce segment ingrat et exigeant où l'on traite avec les États et les multinationales.

En 2016, elle devient la patronne de Sonatel Business Solutions (SBS). C’est là qu’elle forge sa légende interne : celle d'une manager portée sur le « P&L » (pertes et profits) et la culture du résultat. Dans les couloirs de Dakar, on se souvient d'une dirigeante capable d'industrialiser la croissance dans des environnements où l'imprévu est la seule règle. Puis, elle finit son tour de piste chez l'opérateur historique comme *Chief of Staff* du CEO, le cockpit stratégique où se décident les investissements de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Une fonction de l'ombre, centrale, où l'on apprend à arbitrer entre le politique et l'opérationnel.

Double casquette

Pour piloter près de 500 talents chez Schneider, il faut parler plusieurs langues. Celle de l’ingénieur (elle est diplômée de Centrale Lille), celle du financier (HEC Paris / Mines Paris) et celle du décideur global (Harvard Business School). Cette « double grammaire » scientifique et managériale lui permet de naviguer dans l'électricité 4.0 sans se prendre les pieds dans les câbles.

Pour elle, un data center n'est pas qu'un cube de béton rempli de serveurs ; c'est une architecture thermique, une chaîne de résilience et une équation de décarbonation. *« Il faut aligner, prioriser et livrer »*, pourrait être sa devise. Dans un périmètre où les maturités réglementaires varient d'une frontière à l'autre, elle doit bâtir des « coalitions de livraison » avec des partenaires locaux, des bureaux d'études et des gouvernements parfois fébriles.

 La diplomatie du kilowatt
Schneider Electric : Diaretou Madina Gaye Dieng nommée Présidente du  Cluster Afrique Francophone
Son parcours raconte aussi une histoire plus large : celle du Sénégal comme pépinière de cadres de haut vol projetés dans les multinationales. Le passage des télécoms à l'énergie n'est pas une rupture, mais une continuité logique. Ce sont des métiers d'infrastructures lourdes où l'excellence opérationnelle prime sur tout le reste.

À 50 ans environ, Diaretou Madina Gaye Dieng Dieng incarne cette Afrique francophone qui ne se contente plus de consommer de la technologie, mais qui entend diriger sa propre transformation. Dans un monde qui cherche désespérément à optimiser sa consommation d'énergie sans sacrifier sa croissance, son leadership est devenu un actif stratégique. À Casablanca, les dossiers s'empilent, mais la méthode reste la même : la rigueur du technicien alliée à la vision du stratège. Sans court-circuit.

 

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